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  • Artiste palestinienne

    Artiste palestinienne : liberté pour l'art au Jeu de paume

    LE MONDE | 21.06.2013 à 10h44 • Mis à jour le 21.06.2013 à 20h55 |Par Marie-José Mondzain (Philosophe, spécialiste du rapport à l'image)

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    Catalogue de l'exposition "Phantom Home" ("Foyer fantôme") de la Palestinienne Ahlam Shibli au Jeu de paume à Paris, jusqu'au 1er septembre.

     

    Le vendredi 14 juin, le Centre d'art du Jeu de paume a été contraint de fermer brutalement ses portes pour des raisons de sécurité. Une alerte à la bombe, précédée de menaces qui continuent encore aujourd'hui de s'exercer contre sa directrice ainsi que contre son équipe, est à l'origine de cette soudaine et stupéfiante décision. De quoi s'agit-il exactement ?

    On peine à croire au motif de cette décision qui révèle une terrible confusion entre la terreur et la censure, confusion perversement produite et cultivée par des extrémistes qui se livrent de plus en plus régulièrement à un sophisme dévastateur : ils menacent, cherchant à inspirer la crainte au coeur de la société civile. Incriminant tout geste créatif de leurs adversaires devenus à leurs yeux suppôts du terrorisme, ils entravent tout accès à une oeuvre et tout débat. Dès lors, comment débattre d'une oeuvre qui se trouve soustraite aux regards et à la pensée ?

    Voici les faits : l'artiste palestinienne Ahlam Shibli expose actuellement, sous le titre "Foyer fantôme", un vaste ensemble de photographies qu'elle a pris soin d'accompagner de textes clairs qui informent le spectateur sur les circonstances et les lieux dans lesquels les personnes, le plus souvent nommées, acquièrent leur visibilité. Plusieurs sections rythment cette exposition.

    L'une concerne les Bédouins palestiniens engagés volontaires dans l'armée israélienne, une autre les gays, lesbiennes, bi et transsexuels d'origines pakistanaise, libanaise, turque, palestinienne et somalienne, ...

  • Annexer le monde

     

     
    Vader

    De l'Empire

     Le marché fait la loi. L'expression nous est maintenant familière, pourtant elle reste relativement faible. Nous devrions dire : le marché fait le crime. 
    Si nous voulons amorcer une esquisse de résistance, ce marché organisé par une synarchie doit être mieux distingué et discriminé. Combien se leurrent toujours à frapper les mauvaises personnes, au mauvais endroit !
     

    Chess game USA vs World
    © Inconnu
    Nous entendons parler de mondialisation pour stigmatiser un fléau finalement vague qui nourrit les discours politiciens, les indignations carnavalesques et les doctrines consensuelles. Cette face abstraite de la mondialisation nous dissimule, de fait, la face réelle d'un empire. Un empire analysé, décortiqué, cartographié par une intelligentsia variée : parfois académique, parfois dissidente, mais unanime sur sa nature oligarchique et économico-financière. 

    A l'exemple d'Hannah Arendt qui écrivait, au début des années 50, que l'impérialisme devait être compris : « comme la première phase de la domination politique de la bourgeoisie, et qu'elle naquit lorsque la classe dirigeante détentrice des instruments de production capitaliste s'insurgea contre les limitations nationalistes imposées à son expansion économique ». Pour la philosophe allemande la notion d'expansion illimitée était désormais seule capable de répondre à l'espérance d'une accumulation illimitée de capital. 

    « L'argent pouvait engendrer l'argent parce que le pouvoir, au total mépris de toute loi - économique aussi bien que morale - pouvait s'approprier la richesse ». La richesse devenue un moyen illimitée de s'enrichir, se substituant de la sorte à l'action politique. Ainsi constituée, la puissance impériale pouvait « balayer toutes les protections politiques qui accompagnaient les autres peuples et englober la terre entière dans sa tyrannie ». 

    De même, Alain Soral constate aujourd'hui une évolution de même nature : « L'oligarchie mondialiste, pas plus que le principe bancaire dont elle tire sa dynamique et son pouvoir, n'a de territoire ou de lieu. Cette aristocratie nomade et sans noblesse se niche partout où il y a de la richesse à capter et du profit à faire ». 

    Encore mieux dit ailleurs : « La banque, intrinsèquement fondée sur l'abstraction du chiffre au détriment de l'humain, libérée de tout frein politique et social, et protégée de surcroît par son invisibilité politique et médiatique devenant progressivement - compte tenu de sa logique même - pure prédation et pure violence ». 

    Enfin revenons à Hannah Arendt soulignant qu'un pouvoir « ne peut garantir le statu quo, seulement en gagnant plus de... pouvoir. C'est uniquement en étendant constamment son autorité par le biais du processus d'accumulation du pouvoir qu'elle peut demeurer stable ». 

    L'Axe du Mal 

    Pour légitimer leur ambition impériale les américains donnent l'illusion qu'ils sont le centre du monde par la protection qu'ils lui offrent en attaquant des adversaires faibles présentés comme « l'axe du mal ». 

    Emmanuel Todd écrit à propos, dans son livre Après l'Empire, que « pour maintenir sa centralité financière l'Amérique se bat, mettant en scène son activité guerrière symbolique au cœur de l'Eurasie, tentant ainsi d'oublier et de faire oublier sa faiblesse industrielle, ses besoins d'argent frais, son caractère prédateur ». 

    Rajoutons que cette soif de profit coïncide opportunément avec un pillage systématique des terres impérialisées : c'est l'obsession pétrolière du complexe militaro-industriel américain qui dicte toute la stratégie prétorienne au Proche Orient, et ce depuis plus de cinquante ans. La survie et le développement de ces sociétés industrielles dépendent de leur accès à cette région, dont l'Irak est le pays d'intersection.
    Obama prédateur
    © Inconnu
     Ainsi les Etats-Unis, insiste le célèbre démographe français, « mettent sous embargo des pays incapables de se défendre et bombardent des armées insignifiantes. Ils conçoivent et produisent des armements de plus en plus sophistiqués et appliquent en pratique à des populations civiles désarmées, des bombardements lourds digne de la Seconde Guerre Mondiale ». 

    Le journaliste Thierry Meyssan précise cet accablant procès-verbal en étudiant courageusement les barbouzeries de la domination impériale américaine. Il dénonce en premier lieu, à l'instar d'un Michel Collon, l'intoxication médiatique occidentale. Une propagande généralisée présentant de faux désordres sociaux, de fausses dictatures et donc de faux prétextes d'émancipation des peuples. Meyssan détaille ainsi « comment sont provoquées les guerres civiles pour faire éclater les Etats et comment sont redessinées les frontières de sorte qu'aucun Etat ne soit plus en mesure d'opposer de résistance ». 

    Par ailleurs, il développe la théorie effroyable qu'un complot issue d'une faction du même complexe militaro-industriel serait à l'origine des attentats du 11 septembre. L'imposture aurait d'abord permit de lancer une croisade évangéliste contre l'Islam en instaurant une forme de régime militaire dans les pays alliés, et aurait facilité l'exploitation des plus importantes réserves de pétrole et de gaz planétaires. 

    Chocs stratégiques 

    A propos du 11 septembre, Naomi Klein parle d'un choc utile, sans pour autant se prononcer sur la possibilité ou non d'un complot interne. « L'idée d'envahir un pays arabe et d'en faire un Etat modèle se répandit au lendemain du 11 septembre et quelques noms circulèrent : l'Irak, la Syrie, l'Egypte ou l'Iran ».
    « L'administration Bush profita de la peur suscité par les attentats non seulement pour lancer sans délai la guerre contre le terrorisme, mais aussi pour faire de cette dernière une entreprise presque entièrement à but lucratif, une nouvelle industrie florissante qui insuffla un dynamisme renouvelé à une économie chancelante ».
    La journaliste canadienne dénonce une méthode d'expansion des idées néolibérales par des chocs propices - souvent provoqués - à des réformes économiques impopulaires, fondées sur la doctrine de Milton Friedmann. Théorie dans laquelle ce Nobel de l'économie américain explique que la réduction du rôle de l'Etat dans une économie de marché est le seul moyen d'atteindre la liberté politique et économique. « Pendant plus de trois décennies, Friedmann et ses puissants disciples avaient perfectionné leur stratégie : attendre une crise de grande envergure, puis pendant que les citoyens sont encore sous le choc, vendre l'Etat, morceau par morceau, à des intérêts privés avant de s'arranger pour pérenniser les « réformes » à la hâte. » 

    Lieux de ce capitalisme du désastre ? Tous les continents sont touchés. 

    Du Chili de Pinochet dans les années 70 au Sri Lanka post tsunami en 2004, en passant par le Royaume Uni de Thatcher, la Bolivie des années 80, la Pologne post chute du mur, la Chine post Tiananmen, l'Afrique du Sud post Apartheid ou enfin la Russie de Eltsine. Résultat de cet expansionnisme ultra libéral : les populations finissent toujours par sombrer dans la misère et les élites continuent de s'enrichir. 

    La rareté garantit le profit 

    Hannah Arendt nous avait pourtant prévenu : l'impérialisme « n'a d'autre règle de conduite que celle qui concourt le plus à son profit et il dévorera peu à peu les structures les plus faibles jusqu'à ce qu'il en arrive une ultime guerre qui fixera le sort de chaque homme dans la victoire ou dans la mort ». 

    L'actuel Vice Président du Comité des Droits de l'Homme des Nations Unies, le suisse Jean Ziegler, l'explique plus radicalement :
    « Aujourd'hui la planète croule sous les richesses. (La terre peut nourrir douze milliards d'habitants). Autrement dit, l'infanticide, tel qu'il se pratique jour après jour, n'obéit plus à aucune nécessité. Les maîtres de l'empire de la honte organisent sciemment la rareté. Et celle-ci obéit à la logique de la maximalisation du profit ».
    Famine
    © Inconnu
    Ces maîtres, qu'il nomme « cosmocrates », planifient la pénurie et la faim. Une captation des richesses par des classes dirigeantes corrompues et rendue possible par l'action militaire américaine. Nous l'avons déjà vu avec Emmanuel Todd, Thierry Meyssan et Naomi Klein. 

    Avec la complicité des grandes instances financières internationales (FMI, OMC, Banque Mondiale), les féodalités capitalistes ont engendré un endettement des Etats de l'hémisphère sud (cent vingt-deux pays sont aujourd'hui concernés) abdiquant leur souveraineté en restant solvables pour rembourser les créanciers du nord. Par la faim qui découle de cette rareté des biens et de cette dette injuste, les peuples agonisent et renonce à lutter pour la liberté. 

    Ce nouvel ordre mondial établi sur « l'organisation de la faim » n'est pas près de changer. Aristote définissait l'homme comme un animal politique, de fait, nous le percevons plus comme une bête corruptible. Aussi, pour préserver leur pouvoir, nos seigneurs de la guerre n'ont d'autre alternative que de conforter leur mode de vie économique.
    « S'ils veulent survivre aux postes qu'ils occupent, les cosmocrates doivent être féroces, cyniques et impitoyables. S'écarter du sacro-saint principe de la maximalisation des profits au nom de l'humanisme personnel équivaudrait à un suicide professionnel. »
  • Clones et bébés parfaits

    BIENVENUE À GATTACA02/07/2013 à 12h40

    Clones et bébés parfaits : c’est pour demain, et on fonce les yeux fermés

    Philippe Vion-Dury | Journaliste Rue89


    Des embryons clonés par l’université nationale de Séoul, en février 2004 (AP Photo/Seoul National University)

    Imaginons un monde où l’on croiserait des animaux étranges, hybrides artificiels de plusieurs espèces créés pour complaire aux exigences de la mode. Le lapin-chat serait la dernière tendance de la collection animale estivale.

    Dans ce monde, on aurait également modifié le génome de nos cousins chimpanzés pour les rendre plus intelligents. Une réussite : ils nous auraient débarrassé des tâches manuelles contraignantes sans exiger de salaire – ni de droits.

    Les hommes, plus intelligents, s’ennuieraient. Ils vivraient beaucoup plus vieux grâce aux dernières avancées thérapeutiques et ne mourraient presque plus d’accidents et de maladies : des sociétés proposeraient des clones, véritables réservoirs à cellules souches et organes.

    Et pour donner les meilleures chances à leur progéniture, ils sélectionneraient leurs traits et aptitudes dans un catalogue. Conséquence logique : aux plus riches les enfants les plus beaux, intelligents et résistants, laissant sur le bas-côté l’autre humanité, affreusement normale et « naturelle ».

    Voilà un monde où l’homme maîtriserait parfaitement la genèse de la vie sans s’encombrer de considérations morales.

    Une science (-fiction) très rentable

    De la science-fiction ? Oui, mais toutes les techniques permettant la réalisation de ce monde sont devenues – ou en passe de devenir – réelles. On appelle cela la génomique : l’étude du génome des organismes vivants.

    Maîtriser cette science, c’est gagner le pouvoir d’écrire la vie et de réécrire la nature. Maîtriser cette science est encore synonyme de rentrées d’argent colossales : la génomique devrait peser au moins 1 000 milliards par an dans l’économie mondiale d’ici 2025.

    Ce pouvoir de créer et modifier le vivant promet de grandes avancées dans le domaine médical et peut laisser rêveur de nombreux hommes d’affaires. Pourtant, laisser la génomique évoluer en roues libres laisse entrevoir des perspectives moins réjouissantes, pas si éloignées de celles décrites en début d’article.

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    Les chimères : créatures « mi-hommes, mi-animales »

     

     


    English : Chimera. Apulian red-figure dish, ca. 350-340 BC« La Chimère », plat à figures rouges, Apulie, v. 350-340 av. J.-C., musée du Louvre (Jastrow/Wikimedia Commons/CC)

    L’une des portes entrouvertes par la génomique avancée renvoie à l’un des plus vieux mythes de l’humanité : les chimères, créatures monstrueuses issues de l’hybridation de plusieurs espèces animales.

    En termes scientifiques, la transgénique est la discipline menant à la création d’une espèce à partir du matériel génétique de plusieurs espèces distinctes – dont potentiellement l’homme, vous l’aurez compris.

    Ses défenseurs avancent l’argument que de telles expériences pourraient servir à développer de nouvelles thérapies pour l’homme et se réfugient derrière l’obligation juridique globalement adoptée de ne pas laisser vivre les embryons plus de deux semaines. Donc aucune de ces chimères ne devrait voir le jour, en théorie.

    Des minotaures en gestation

    A LIRE : « LES ANIMAUX DÉNATURÉS » DE VERCORS

    Des anthropologues découvrentune colonie de bipèdes qui forment le « chaînon manquant » entre l’homme et l’animal. Un homme d’affaires tente d’en faire une main-d’œuvre bon marché en les réduisant en esclavage. Mais sont-ils hommes ou animaux ? Il faudra d’abord répondre à la question : qu’est-ce que l’homme ?

    Pourtant, en 2011, le Daily Mailrévélait que 150 embryons hybrides « homme-animal » avaient été créés dans les laboratoires du prestigieux King’s College de Londres.

    Selon le parlementaire Lord Alton cité dans l’article, les cellules souches qui ont servi à l’élaboration des thérapies expérimentales auraient été prélevées sur des individus déjà nés – qui ont donc dépassé le stade embryonnaire.

    Ce n’est pas un cas isolé. En 1998, l’équipe du laboratoire américain Advanced Cell Technology a annoncé avoir introduit des cellules humaines dans un ovule de vache – un minotaure, en somme. Cinq années plus tard, une équipe chinoise a fait de même en vue de créer un « homme-lapin ».

    Menées dans le plus grand secret, ces expériences pourraient continuer à être réalisées sans contrôle : aucune des grandes nations scientifiques ne veut rester sur la touche dans les progrès réalisés en matière médicale. Et si un pays repousse les limites de ce qui est autorisé, les autres ont tendance à s’aligner sur lui.

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    Sélection génique : la tentation eugéniste

     

    Si l’on interrogeait la population sur la question de l’eugénisme, on peut difficilement imaginer qu’elle l’approuverait. Mais comme l’enfer est pavé de bonnes intentions, c’est à nouveau les dérives potentielles que pointent du doigt certains scientifiques.

    En Chine : une génération de bébés génies

    On apprenait ainsi il y a quelques mois que la société chinoise BGI Shenzen aurait collecté des échantillons d’ADN de 2 000 des personnes les plus « intelligentes » de la planète. L’objectif ? Identifier les gènes et interactions géniques qui déterminent les performances de l’intellect et, à terme, faire gagner 5 à 15 points de QI à chaque génération de citoyens chinois.

    Il n’est même pas question ici d’ingénierie génétique : la méthode développée par l’entreprise ne modifie pas l’embryon mais identifie le plus « performant » grâce à un diagnostic préimplantatoire après fécondation in vitro. Adieu les enfants au QI trop faible ou dans la moyenne.

    Sélection des traits humains

    A VOIR : « BIENVENUE À GATTACA » D’ANDREW NICCOL

    Dans un futur proche, chacun peut choisir le génotype de son enfant, perpétuant un eugénisme à grande échelle. Les employeurs recrutent également leurs employés en se basant sur leur potentiel génétique malgré que la pratique soit interdite par la loi.

     

    Les individus nés « naturellement » se voient logiquement relégués au ban de la société, résumés à leur sous-humanité. L’un d’entre eux va déjouer les règles de Gattaca.

    Une équipe de scientifiques arécemment réussi à séquencer entièrement le génome d’un fœtus pendant et sans interférer avec la grossesse.

    L’objectif : diagnostiquer les maladies génétiques graves pour interrompre la grossesse si nécessaire.

    Un objectif louable, sauf qu’une fois encore, il s’agit de savoir où placer la limite : alors que les chercheurs identifient toujours plus de marqueurs génétiques responsables de certains troubles, quand juger qu’une maladie est suffisamment grave (pour l’enfant ou la mère) pour justifier une interruption de grossesse ?

    Pour pousser encore plus loin la réflexion, on peut s’interroger sur la combinaison de ces avancées avec la démocratisation des diagnostics préimplantatoires précédant une fécondation in vitro. Une fois la cartographie génique des embryons établie à des fins de dépistage d’éventuelles maladies, des parents pourraient vouloir privilégier celui présentant certaines dispositions telles que l’apparence, la résistance, l’intelligence, etc.

    En Suisse par exemple, on peut déjà choisir le sexe de son enfant s’il existe un risque de transmission de certaines maladies génétiques et héréditaires.

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    Clonage humain : du thérapeutique au reproductif

     

    Il existe aujourd’hui un moratoire mondial sur le clonage de l’être humain. Au-delà des résistances morales face à une telle expérience, il existait également des difficultés techniques comme le fait que les mammifères clonés souffraient dégénérescences génétiques graves après quelques générations. Cet obstacle a été finalement contourné en début d’année par une équipe de chercheurs japonais.

    Produire des cellules souches par clonage

    Une autre avancée majeure en matière de clonage a fait les gros titres de la presse scientifique le mois dernier : après seize ans d’efforts, des scientifiques ont finalement réussi à utiliser une technique de clonage pour obtenir des cellules souches indifférenciées utiles au traitement de certaines maladies.

    Ce qui pourrait être source de réjouissance a suscité l’inquiétude de certains commentateurs, comme Andrew Pollack du New York Times :

    « Le fait que des scientifiques aient réussi à maintenir en vie des embryons d’humains clonés suffisamment longtemps pour en extraire des cellules souches peut être perçu comme un pas supplémentaire dans le clonage humain reproductif. »

    L’humain : un produit ?

    A VOIR : « THE ISLAND » DE MICHAEL BAY
    [Attention : spoiler] Lincoln et Jordanévoluent dans un gigantesque complexe fermé et aseptisé, confinés pour survivre à une terrible contamination qui a ravagé la Terre. Leur seul espoir d’évasion : gagner à la loterie pour gagner l’« Ile », dernier havre terrestre épargné. Troublés, ils découvrent qu’en réalité eux et les autres « survivants » sont des clones de personnalités, des « polices d’assurance » vouées à être détruites pour sauver leur alter ego originel.

    Cette avancée pose la question de savoir si l’homme, même à l’état embryonnaire en laboratoire, peut être considéré comme un produit servant à des fins thérapeutiques.

    Elle ouvre aussi la voie à ces « réservoirs à cellules souches », des clones dont l’usage serait limité à fournir la matière nécessaire à reconstruire les tissus de l’individu originel.

    Une question déjà posée dans une moindre mesure avec la naissancedes premiers « bébés-médicaments » – ces enfants sélectionnés pour sauver leur frère ou sœur d’une maladie grave : a-t-on le droit de donner naissance à un être qui aurait une autre fonction – principale ou accessoire – que de vivre ?

  • Révolutions arabes?

    A QUELQUE CHOSE, MALHEUR EST BON !

    Certains se lamentent et regrettent que les révolutions aient donné naissance à des pouvoirs islamistes. Ils ont tort.
    Les « printemps arabes » ont eu, au moins, un mérite, et il n’est pas mince, c’est d’avoir ouvert les yeux aux peuples concernés mais aussi partout dans le monde, sur l’islamisme politique.
     
    Il est bon, qu’à la suite du renversement des dictateurs en Tunisie et en Egypte, des islamistes aient été élus et qu’ils aient accédé au pouvoir à la faveur de majorité absolue ou relative et, dans certains cas, grâce au soutien de prétendus démocrates comme cela a été le cas en Tunisie où Messieurs Moncef Marzouki et Moustapha Ben Jaâfar, trahissant l’engagement qu’ils avaient pris devant leurs électeurs, ont permis à Ennahdha d’accéder à la majorité.
     
    Que cela a été une bonne chose, ce n’est évidement pas pour le pays lui-même car, en quelques mois, ces islamistes dont certains prétendument "modérés", ont conduit leurs pays à une réelle régression, notamment, économique et sociale. Il suffit de voir l’état de la Tunisie aujourd’hui et l’état de l’Egypte pour voir, sans être expert, la régression provoquée en si peu de temps.
     
    Ces islamistes dit "modérés", ont renoué très rapidement, aussitôt devrait-on dire, avec les pratiques des dictateurs chassés : le népotisme ou la nomination des parents et amis sans aucune référence aux capacités, l’affairisme et la corruption, l’instrumentalisation de la justice et les atteintes aux libertés atteinte aux libertés !
     
    Tout cela a donc été un mal réel pour les pays, mais cela a été aussi un bien majeur car les peuples ont pu se rendre compte de ce que les islamistes faisaient du pouvoir et ils ont compris que ces « hommes pieux » étaient des ambitieux hypocrites ; et que ce qui les intéressaient avant tout ce n’était pas l’intérêt supérieur de leurs pays mais le pouvoir, l’argent, l'affairisme et favoriser leurs parents et proches.
     
    Eh bien je dis que cette leçon partout, est une excellente chose.
    Si les islamistes n’avaient pas obtenu le pouvoir, ils auraient continué à se présenter en martyrs et les peuples auraient pu continuer à croire aux miracles qu’ils promettaient.
    Les peuples les ont vu aux manettes ! Et c’est très bien.
     
    Les peuples ont pu également comprendre, et cette leçon laissera des traces très importantes, que lorsqu’un parti s’appuie sur la religion, il ne peut pas être modéré ni admettre les libertés ; et qu’il a, nécessairement dans sa nature profonde, une tendance totalitaire ; puisqu’il est censé vouloir appliquer la parole de Dieu ... en ce basant sur la chariâa qui, selon les islamistes, est en est le prolongement, des "savants" ayant explicité le Coran ! Et comme tel, la chariâa est aussi immuable que le coran !
    Ce qui est une absolue hérésie d'associer la parole de l'homme à celle d'Allah !
    Les peuples ont, enfin, compris, qu’utiliser la parole de Dieu pour exercer le pouvoir était la pire des choses.
     
    Ces islamistes par leurs incompétences, leurs abus en tout genre, ont aussi montré à une frange de plus en plus large des peuples que la religion ne doit pas intervenir en politique et qu’elle doit rester là où elle aurait dû demeurer : dans le cœur des hommes et dans les mosquées !
     
    Finalement les islamistes auront, à leur cœur défendant, fait progresser comme jamais l’idée de laïcité dans les pays arabes.
     
    Les peuples ont aussi bien mesuré que l’Islam qu’il prenait pour un tout, comportait des obédiences diverses et variées et que, notamment, le Wahhabisme, mal connu en Afrique du Nord, qui fut rejeté en son temps, était un cancer mortel, propagé à coup de milliards parles pétro monarques d'Arabie et de Qatar !
     
    Ces peuples ont ouvert les yeux et ont compris que le Wahhabisme était en réalité un système politico religieux machiavélique, une idéologie totalitaire instrumentalisant la religion pour mieux asservir les peuples et les rendre plus facilement colonisables !
    C'est pourquoi les patriotes les plus pieux, ont commencé à comprendre et à se révolter contre ce nouveau colonialisme et ceux qui le permettent : les islamiste "Frères musulmans" au pouvoir aussi bien en Egypte qu'en Tunisie.
     
    Qui dira, après cela que les printemps arabes n’ont pas été bénéfiques ?
    L’islamisme, j’en suis convaincu, sera vaincu, éliminé sans violence par les urnes, ou par la violence s’il ne s’incline pas devant la volonté populaire ; et il ira mourir de la mort des idéologies inhumaines. On le retrouvera dans le cimetière des grandes idéologies liberticides : le nazisme, le fascisme, le communisme, le pan arabisme et pan islamisme.
     
    N'assiste-t-on pas, déjà, aux prémisses de ce déclin avant coureur de la chute finale ?
    Il semble - l'avenir nous le dira plus clairement - que le changement d'Emir au Qatar n'est pas seulement un changement d'homme mais un refus clair de soutenir aveuglément les islamistes de tout bord.
     Si l'expulsion du cheikh Youssef Qaradaoui, celui par qui le malheur est arrivé dans le monde dit "arabo musulman" quand il pondait les "fatouas" contraire à la philosophie même de l'Islam, pour appuyer et servir la politique hégémonique de son maître l'émir du Qatar, se confirmait ; ce serait bien un signe sérieux que l'islamisme va vers sa chute. Ce qui se passe en Egypte avec le mouvement "tamarroud" (rébellion) contre les islamistes, est un autre de ces signes.
     
    Je prends date, ici, et je prédis la chute de l'islamisme politique, demain, après demain, dans quelques années, probablement dans la douleur ? Je ne sais. Mais une idéologie aussi liberticide, aussi mortifère, aussi régressive et qui n'apporte strictement rien à l'humanité en terme de progrès, ne peut avoir d'avenir !
    Et gare à ceux qui, par ambitions personnelles où parce qu'ils ne sont pas à la hauteur de ce que l'histoire attend d'eux, feraient des alliances contre nature avec les islamistes.
    Les peuples et l'histoire ne le leur pardonneront pas.
     
  • Vacanciers et fauchés :

     Comment survivre aux « tarifs aoûtiens »

    Elsa Ferreira | Journaliste

    Pour partir les poches vides, il faut de la débrouille. Cinq futurs vacanciers nous racontent comment ils espèrent conjuguer vacances et budget serré.


    Une voiture stationnée sur le bord d’une route (John Millar/Flickr/CC)

    LES FRANÇAIS VEULENT PARTIR, MAIS NE SAVENT PAS ENCORE OÙ

    L’année dernière, 63% des Français sont partis en vacances. Cette année, 66 % espèrent partir pendant l’été. Mais vouloir n’est pas toujours pouvoir : à ce jour, seulement 44 % des vacanciers sont certains de partir. Pour les 22 % restants, on en est toujours au stade de projet, selon un sondage réalisé pour Easyvoyage.

    Pour faire dégonfler la facture (859 euros par personne en moyenne), les vacanciers partent moins loin ou comptent sur l’improvisation : sept Français sur dix ne quitteront pas le pays cet été, et un quart d’entre eux n’ont toujours pas choisi leur destination.

    Glwadys est à découvert. Nous sommes le 1er du mois. Elle a tout de même décidé de partir deux semaines à Prague en août, et prend sa situation avec humour :

    « J’ai bon espoir : j’ai planté des pièces de dix centimes dans un pot, et je soulève toutes les pierres que je croise. Je trouverai le budget. »

    Virginie aussi prend la période de vacances avec philosophie, malgré un budget plus que serré. Au chômage depuis six mois, elle a décidé de s’accorder du bon temps. Pour les dettes qui s’accumulent, à la banque et auprès des amis, on verra plus tard. Même si ça lui pèse souvent, « surtout la nuit ». Avec un ton de défiance, elle écrit :

    « Des vacances, j’en ai prévu. Eh ouais. On part en Sicile. Juste comme ça. Et après nous, le déluge. »

    De la philosophie, il en faudra pour ces Français qui ont passé leur année à rogner par tous les bouts leur budget pour faire face à la baisse du pouvoir d’achat. Partira, partira pas ? La question reste ouverte.

    1. Sylvia, 24 ans, 600 euros pour deux semaines de road trip en Écosse
    2. Claire, 30 ans, 300 euros pour un mois en van (et en famille) en France
    3. Janis, 32 ans, 400 euros pour deux mois de vacances à domicile
    4. Caroline, 31 ans, 150 euros pour deux semaines en système D
    5. Jacqueline, 44 ans, 1 000 euros à deux pour trouver une maison à retaper

    Sylvia « ne gagne pas un salaire mirobolant », mais elle adore voyager. Avec un week-end tous les deux mois et un grand voyage par an, elle est devenue la reine « des dépenses sans parachute ». Quitte à se mettre, un peu, en difficulté :

    « Les voyages, c’est ma priorité. Même si j’ai un pépin, je préfère taper dans mon découvert (autorisé), ou demander un délai de paiement aux administrations plutôt que de toucher à mon budget voyage. C’est sûr que ce n’est pas l’attitude la plus responsable, mais c’est la mienne ! »

    Un « mélange de chance et de culot », qui pour l’instant marche bien.

    Sylvia est chargée de la communication dans un centre d’art contemporain. Payée au smic, elle met entre 100 et 150 euros de côté par mois pour partir.

    Elle est aussi photo-reporter de vocation. Une passion qu’elle « ne veut pas lâcher ». Elle profite donc de ses voyages pour faire des reportages qu’elle vend ou présente à des concours. Avec l’argent gagné, elle découvre un nouveau pays. Et ainsi de suite.

    Elle remplit aussi des dossiers de demande de bourses (« des heures de boulot »). Il y a quelques années, elle a ainsi obtenu 500 euros de la mairie de Paris pour partir en Inde.

    Un cycle d’autofinancement qui demande de l’énergie (elle y consacre pratiquement tout son temps) mais qui fonctionne : une série de photos en Afrique du Sud lui a permis de remporter un concours organisé par une compagnie aérienne. Le prix : un billet pour le Chili, un autre pour le Vietnam où elle a réalisé un reportage pour le National Geographic.