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Economie - Page 18

  • PRODUIRE EN FRANCE,… UNE MORT PROGRAMMEE

     

    Posté par 2ccr le 7 décembre 2012

    PRODUIRE EN FRANCE,... UNE MORT PROGRAMMEE dans Economie et crise mort-300x224La désindustrialisation de la France, amorcée dès les années 1970, s’est accélérée après les accords Mitterrand-Kohl de 1984, socialistes et libéraux main dans la main, et la mise en route de l’Acte Unique Européen préfigurant le traité de Maastricht et l’Euro. Il s’agissait pour les grands monopoles capitalistes, hier comme aujourd’hui, de formater plus fermement l’Europe dont ils ont besoin pour écraser les peuples et maximiser leurs profits. Capitaux Français et allemands se partagent alors explicitement les tâches et les profits : industrie mécanique pour l’Allemagne, tourisme et agriculture pour la France dans le cadre d’une Politique Agricole Commune remaniée.

    La litanie des secteurs industriels et des populations régionales sacrifiés s’allonge en France : textile, charbonnages, sidérurgie, construction navale… etbientôt tout le secteur machine-outil avec en particulier le puissant secteur Renault liquidé en quelques mois.

    Le capital monopoliste ayant déserté pour des secteurs et des pays plus rentables, arrivèrent les fonds de pension spécialisés dans le démantèlement industriel, s’emparant de la technologie de nombreux secteurs de pointe pour partir s’installer ailleurs dès la rapine faite, notamment dans les pays de l’ancienne Europe de l’est.

    La sidérurgie, dont tout pays ambitionnant un avenir industriel ne peut se passer, a été définitivement affaiblie, et il est clair que lorsque l’État a bradé ce qu’il en restait à Mittal, c’était avec l’objectif qu’il finisse le boulot d’extermination de la filière. On voit où on en est aujourd’hui avec le gouvernement socialiste qui se couche dès que Parisot hausse la voix…

    Parallèlement, c’est la filière auto qui est en cause au nom d’une rentabilité jugée insuffisante par le capital monopoliste : il a été décidé qu’en 2020 plus aucune unité de montage ne devait être présente sur notre sol. Et pour faire le sale boulot, pas besoin de faire appel à des fond de pension : la casse s’organise de l’intérieur avec la nomination de directions de combat chez Renault et Peugeot, l’arrivée de Carlos Ghosn se situant dans ce schéma.

    C’est pourquoi les mobilisations chez Renault, Peugeot, Florange et toutes les entreprises menacées doivent être appuyées par la mise en avant, auprès des travailleurs et de la population dans son ensemble, des idées qui ont fait la force du mouvement ouvrier : l’enjeu est national et la lutte doit être nationale. Le capital qui dirige la vie économique, sociale, politique de notre pays est incapable d’œuvrer pour l’intérêt collectif : avec ses serviteurs politiques et médiatiques, il œuvre et manœuvre pour son strict intérêt de classe, pour ses privilèges et profits immenses ; il n’a aucun état d’âme à rayer des usines d’un trait de plume, à réduire des milliers de travailleurs au chômage, à planifier froidement l’affaiblissement(comment expliquer que les stocks de véhicules Renault en attente de retouche sur les parcs soient considérables et que dans le même temps il faille des mois pour obtenir une Renault, alors que les marques étrangères notamment Volkswagen livrent en quelque jours ?), puis la disparition de secteurs entiers, vouant des régions au recul à et à la misère

    Les grands capitalistes sont incapables d’assurer le développement du pays et le bien-être de la population. Le sauvetage de l’industrie, et au-delà le développement du pays, passe par l’expropriation des capitalistes : c’est aux travailleurs, c’est au peuple de décider souverainement de ce qui est produit, où, dans quelle conditions. Cette revendication ancienne du mouvement ouvrier, reprise par le programme du Conseil National de la Résistance, est plus que jamais d’actualité. Contre les féodalités financières, contre leurs lois favorables aux grands capitalistes, contre leurs institutions, Union européenne en tête, destinées à priver les peuples de leurs droits, c’est aux ouvriers, aux employés, aux techniciens, aux intellectuels, c’est au peuple travailleur qu’il revient d’imposer la souveraineté populaire et le développement dans l’intérêt du plus grand nombre.

    Déclaration du Front syndical de Classe

  • Homo-consommatus

     

    LE 05 DÉCEMBRE, 2012 DANS DÉMOCRATIE / PROPAGANDE PAR

     
    Homo-consommatus

    Le projet est désormais accompli. Nous assistons à la naissance d’une espèce nouvelle, l’avènement de l’homme post-contemporain, j’ai nommé l’homo-consommatus.

    Les transports en commun vous rappellent nécessairement la marche du monde et de ses effets sur vos pairs. Un voyage en train, dans le bus ou en RER nous ont rendu à peine supportable la présence de nos semblables, on piétine, d’autres râlent, on se bouscule, quand on ne regarde pas ses pompes…

    C’est la société marchande qui conditionne tout d’abord cette animosité quotidienne, celle-là même qui définit nos existences d’esclave nouvelle génération. L’hégémonie dusalariat dans des mégalopoles et la division scientifique du travail dépouille l’individu de son temps et du fruit de son labeur, mais aussi tue dans l’œuf tout tissu social par le fatal maintien des hiérarchies de dominance. Ajoutons qu’il paie des titres de transport de plus en plus onéreux pour suivre cette délocalisation forcée.

    Nous voilà faits comme de vulgaires rats de laboratoire.

    Difficile désormais de s’unir contre la dictature des marchés. Les lapses de temps passés du bercail au bureau pourraient pourtant être l’occasion d’échanger sur la cause de nos grises mines et de nos visages fantomatiques.
    Nous vivons à l’ère du totalitarisme marchand, celui qui sous couverture a colonisé chaque parcelle de nos existences pour nous transformer en entités contrôlables via la société de consommation.

    Avec le fordisme les productions augmentèrent de façon exponentielle. Il fallu alors fabriquer la demande.

    Ainsi le liberal-fascisme a investi chaque parcelle de nos existences prétextant le progrès. Tous les sens doivent être occupés, les yeux rivés sur son smartphone, un paquet de chips cancérigènes dans une main, les écouteurs vissés sur les oreilles. Isolé par l’illusion de l’abondance l’homo-consommatus en oublie bientôt qu’il est seul. Sa solitude est désormais masquée, saturée par les fuites en avant technologiques ; méthode de surcroît entretenue par l’illusion des réseaux sociauxScience sans conscience n’est que ruine de l’âme disait l’autre…

    L’homo-consommatus ne mange plus, il ingurgite. Sur le pouce, parce que le temps c’est de l’argent. Prêt en une minute chrono, avalée en autant de temps, la bouffe est aujourd’hui essentiellement faite de conglomérats en tout genre, chimiquement trafiqués pour nous donner l’illusion du vrai…

    Le temps libre est désormais tout entier voué aux loisirs. La propagande publicitaire et la télévision en sont les vecteurs, les foules rêvent alors un moment leur vie sur papier glacé, ravalent leur amertume et travaillent de plus belle. En attendant, ils se tiennent tranquilles.

    Il faut donc gagner de l’argent et se vendre, autrement dit perdre sa vie en la gagnant.

    Bienvenue alors dans l’ère de la norme esclave, celle de l’uniformisation totale, du formatage des désirs, del’unisexe, de la transformation d’êtres conscientisés en êtres pulsionnels… Difficile d’échapper au siphon du Dieu contemporain, de l’objet roi, celui chatoyant qui nous crie « possède moi ! » et tu seras. La publicité et le marketing en sont les armes, savamment orchestrés par des experts qui sondent impunément l’inconscient collectif pour mieux vous réduire en automate, où tous vos faits et gestes auront été pensés, étudiés, quantifiés… pour toujours optimiser cettesacro-sainte consommation.

  • Consommation, compétition, domination

     

    LE 06 DÉCEMBRE, 2012 DANS PHILOSOPHIE POLITIQUE PAR

     
    Consommation, compétition, domination

    Quotidien tarifé, temps multimédiatisé, espaces publicitaires, confort à crédit, dogme du travail, anathèmes taxés, tyrannie de l’objet jusqu’à la collection de gadgets, hystérie des soldes, spectacles sponsorisés devenus sponsors spectaculaires, rêves bétonnés dans des paysages plastifiés, droit au gaspillage, poubelles satellisées. Voici donc quelques symptômes de notre inéluctable frénésie consommatrice
    Opulence inutile au point d’être indispensable, voire fructueuse.

    Notre pouvoir d’achat n’est que servitude commerciale.

    Qui aujourd’hui saurait se passer de son smartphone ou de sa télévision? Qui peut se contenter d’un seul arôme de yaourt ou d’un seul modèle de chaussures ? Bien sûr des marginaux résistent, mais à quel prix !

    Pour qui, en Espagne, ces trois millions de maisons vides et ces 800 terrains de golf désertiques – au sens propre et figuré – nécessitant la même quantité d’eau que 16 millions d’hommes ? Certainement pas pour cesactionnaires qui, afin de s’indemniser de l’issue déficitaire de leur petit jeu, se distribuent depuis quelques années une bonne partie des réserves d’or et devises ibériques.

    Comment éradiquer les bidonvilles de Mbombela en Afrique du Sud et comment construire des écoles ou deshôpitaux quand on préfère édifier un stade avec d’inévitables surcoûts, pour seulement quatre matches, en juin 2010, d’une compétition organisée pour créer des liens entre les sociétés supranationales et les richesses sud-africaines. L’objectif était d’investir pour générer de nouveaux marchés, pour dominer de nouveaux territoires.

    Pour dominer encore et toujours.

    La fonction du stade n’est-elle pas de massifier la population en prétendant la communier, pour mieux contrôler ses pulsions et l’assigner dans un spectacle où le mécontentement de chacun s’évanouirait comme par miracle. Les nouveaux temples structurent nos servitudes et permettent ainsi la maîtrise religieuse des masses. Des carrés verts comme des champs d’opium néo sacralisés avec ses saisons footballistiques, ses dieux du ballon, ses chants, ses fêtes, ses symboles… C’est désormais leurs fonctions opiacées d’élaborer une domination liée au processus capitaliste de production et de la sorte mieux nous enguirlander à sa société de consommation.

    A l’origine le football était l’un des outils de la domination coloniale anglaise. Aujourd’hui il est mondialement un modèle de domination, qui, derrière la vitrine du fair play, de la fraternité et de l’échange, instaure la morale de la compétition, de la concurrence et donc le droit des plus forts. Autrement dit la morale des dominants.

  • ROUMANIE • La lutte contre la corruption

    ROUMANIE  La lutte contre la corruption, un combat loin d'être gagné

    Après une importante opération anticorruption parmi les douaniers, il y a un an, les procureurs viennent maintenant de vérifier de leur propre yeux les détournements de fonds par les contrôleurs de train.
     

    Les images prises avec une caméra cachée dans les trains roumains ont inondé depuis peu nos écrans. Il ne s'agit pas de reportages réalisés par des journalistes, mais le fruit d'une enquête des procureurs. Pendant plusieurs mois, cet automne, ces derniers ont surveillé le réseau des contrôleurs corrompus de la CFR (chemins de fer roumains).

    Une mission passionnante. On estime qu'au moins un tiers des passagers utilisant quotidiennement les services ferroviaires "voyagent avec le parrain". [En Roumanie, on monte dans le train sans billet, et on verse environ la moitié du prix officiel au contrôleur – on appelle ces contrôleurs corrompus : "parrains", et le procédé : "voyager avec le parrain".] Même le directeur de la CFR, Stefan Roseanu, le reconnaît.

    La mauvaise foi en bande organisée

    Les chaînes de télévision interrompent soudain leurs programmes pour montrer des contrôleurs de la CFR emmenés en bus pour interrogatoire, à Brasov, dans le centre du pays. En février 2011, elles avaient diffusé des images du même genre. A l'époque, les "gagnants" des excursions animées par des policiers armés étaient des agents des douanes et des gardes-frontières. La Roumanie était en pleine frénésie du dossier Schengen et une décision favorable était attendue pour mars 2011. Nos partenaires européens, les Allemands et les Français en tête, se faisaient cependant des soucis. Certes, disaient-ils, la Roumanie a satisfait aux critères techniques, la surveillance de la frontière externe de l'Union est opérationnelle et fonctionne, les procédures sont en place. Mais tout cela ne sert à rien si les gens qui doivent prendre les décisions ne sont pas réglo. Les systèmes sont faits pour des gens de bonne foi. Lorsque la mauvaise foi pointe son nez, en bande organisée qui plus est, la technologie du XXIe siècle n'y peut rien.

    Les craintes de nos partenaires étant connues à Bucarest, on a décidé de passer à la vitesse supérieure. L'opération Frontières, baptisée ainsi par les journalistes, débuta de manière spectaculaire, des fonctionnaires étant cueillis par grappes directement sur leur lieu de travail. Ce déploiement massif de forces n'a toutefois guère convaincu les représentants des Etats sceptiques. En fait, l'ampleur de l'opération semble avoir eu l'effet inverse. Si tant de fonctionnaires avaient été arrêtés, cela signifiait que les soupçons étaient justifiés, et que la Roumanie avait en effet un gros problème à la frontière, se sont-ils dit. Le dossier Schengen a été mis en attente – les Pays-Bas ont ensuite fait opposition à la solution de compromis de l'adhésion "par étapes" proposée par la France et l'Allemagne (certains observateurs à Bruxelles considèrent que La Haye aurait toutefois eu l'aval tacite de plusieurs Etats membres pour bloquer ainsi l'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie).

    La Roumanie, encore et toujours une province poussiéreuse

    Puis la situation devait s'embourber définitivement après la crise politique de l'été [destitution du président Traïan Basescu, referendum etretour du président à son poste]. Au fil du temps, l'ardeur de l'opération Frontières est retombée, en même temps que l'enthousiasme autour de l'adhésion roumaine à l'espace Schengen. Laissant derrière elle maintes spéculations et questions. Pourquoi l'enquête n'a-t-elle pas concerné le port de Constanta [sur la mer Noire], par exemple, lui qui a été tant de fois désigné comme la principale porte d'entrée de la contrebande et l'un des pôles de l'évasion fiscale ? En attendant les explications, il n'en reste pas moins qu'on en est arrivé, dans notre rédaction, à nous demander ce qui se passait en ce moment, non pas à la CFR, mais aux frontières de la Roumanie justement, là où la plupart des fonctionnaires passés au crible des enquêtes un an auparavant sont retournés à leurs postes. Travaillent-ils maintenant comme ils le faisaient avant février 2011 ? Ou, qui sait, l'enquête les aurait-elle mortellement effrayés ?