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Monde - Page 7

  • Du droit des peuples au droit des banques

     

    Outre le fait que la démocratie représentative n'est pas une démocratie — on ne continue à employer ce doux mot de “démocratie” que pour endormir le bon peuple qui se laisse ainsi berner — deux événements majeurs ont accentué le pouvoir des banques ces dernières décennies : le premier est le droit d'ingérence, le second est l'article 107 du traité de Maastricht (1992).

    Le droit d'ingérence a violé le droit international qui valide au contraire le “principe de non-ingérence”.

    Rappelons que le droit international prend naissance en 1648 avec les Traités de Westphalie, qui font suite à la guerre de trente ans qui a ravagé l'Europe.

    On se penche alors sur la question de la souveraineté des États et l'on en donne pour la première fois une définition : la souveraineté est le pouvoir absolu et perpétuel de l'État, c'est le plus grand pouvoir de commandement. L'État, en la personne du monarque, est la suprême puissance à l'intérieur de ses territoires, il est indépendant de toute autre autorité légalement égale aux autres États.

    Trois notions fondamentales du droit international sont issues des principes westphaliens :

    1. Équilibre des puissances : tout État, petit ou grand, a le même poids dans la négociation qu'un autre État.

    2. Inviolabilité de la souveraineté nationale : on respecte la souveraineté nationale de chaque État.

    3. Principe de non-ingérence : il est interdit à un État de s'immiscer dans les affaires d'un autre État.

    Si l'on ajoute à cela un principe de la convention de Monté-Vidéo (1933) selon lequel un État n'a pas besoin d'être reconnu par les autres États pour être souverain, ce qui fait que l'existence politique d'un État est indépendante de sa reconnaissance par les autres États, on en arrive à un système de droit public international viable.

    Le premier viol du droit international a donc été le droit d’ingérence.

    À l'origine, il s'agissait d'ingérence humanitaire, mais ce droit a très vite dégénéré en ingérence militaire : ce fut là un pas important vers l'hégémonie bancaire.

    En effet, les banques tirent un profit énorme du droit d’ingérence : elle prête à tous les belligérants, elle prête pour la constructions des armes, elle prête pour la reconstruction des pays dévastés.

    Par ce droit d'ingérence, on est bien passé du droit des peuples aux droits des banques.

    Ce droit des banques a été consolidé par l'article 107 du Traité de Maastricht qui proclame l'indépendance de la B.C.E. (Banque Centrale Européenne) et des banques nationales, même si le mot “indépendance” n'est pas écrit.

    Cet article 107 du traité de Maastricht dit en effet : “Dans l'exercice des pouvoirs et dans l'accomplissement des missions et des devoirs qui leur ont été conférés par le présent traité et les statuts du S.E.B.C (Système Européen des Banques Centrales), ni la B.C.E, ni une banque centrale nationale, ni un membre quelconque de leurs organes de décision ne peuvent solliciter ni accepter des instructions des institutions ou organes communautaires, des gouvernements des États membres ou de tout autre organisme. Les institutions et organes communautaires ainsi que les gouvernements des États membres s'engagent à respecter ce principe et à ne pas chercher à influencer les membres des organes de décision de la B.C.E ou des banques centrales nationales dans l'accomplissement de leurs missions”.

    Les banques nationales et la B.C.E ne peuvent donc “solliciter ni accepter des instructions des institutions ou organes communautaires, des gouvernements des États membres ou de tout autre organisme”, on enfonce ensuite le clou en précisant que “les gouvernements des États membres s'engagent à respecter ce principe”.

    Ce qui signifie que la B.C.E est indépendante et ne peut pas être dirigée par un gouvernement d'un État membre : c'est la banque qui gère les États.

    Auparavant, c'étaient les États qui géraient la banque, maintenant, c'est la banque qui gère les États : on est donc bien passé du droit des peuples aux droits des banques.

    À partir de là, les peuples pourront aussi bien voter à gauche qu'à droite, peu lui chaut, la banque étant indépendante, rien ne modifiera sa politique, c'est elle qui décide : c'est la négation pure et simple des peuples, des États, de la démocratie.

    Quant à l'article 50 du Traité de Lisbonne qui permettrait de sortir de l'Union Européenne, il est inemployable car les obstacles sont tels que c'est irréalisable : il faut “fixer les modalités du retrait” et tenir compte “du cadre de ses relations futures avec l’Union”, l'accord de retrait doit être “négocié conformément à l’article 188N”, on statue ensuite “à la majorité qualifiée”, et il faut finalement “l'approbation du Parlement européen”.

    Autant dire qu'il est impossible de se retirer de l'Union Européenne par cette voie.

    Si le Traité de Lisbonne avait dit explicitement “sortie interdite”, ça aurait été l'équivalent de toutes ces longueurs qui sont autant de bâtons dans les roues à coups de “conformément à”, de “tenant compte de”, de “l'approbation de”, de “sauf si”, et ainsi de suite.

    Toute Constitution doit être fondée sur un peuple, elle doit commencer par “Nous, le peuple”, ce que ne fait pas et ne peut pas faire le Traité de Lisbonne qui sert de Constitution Européenne, et ce, parce qu'il n'y a pas de peuple européen.

    Le mot “souveraineté” doit s'y trouver toujours écrit en toutes lettres, cette notion fondamentale étant évoquée presque immédiatement : il fait cruellement défaut dans le Traité de Lisbonne qui n'aborde pas la question essentielle de souveraineté.

    Le Traité de Lisbonne n'est pas une Constitution sur le fond, c'est une Constitution artificielle qu'on impose au peuple par le biais des mass-média et des représentants qui collaborent à son maintien.

    La démocratie est évidemment bafouée : le peuple n'a jamais demandé qu'on abandonne ni le franc, ni les libertés, ni la souveraineté, il n'a jamais demandé non plus à être ruiné.

    Le peuple doit adhérer aux principes d'une Union pour qu'elle soit légitime, c'est ce qu'on appelle dans la jurisprudence l'affectio societatis, à savoir une volonté commune de s'associer, ce qui n'est pas le cas s'agissant du Traité de Lisbonne qui n'a pas l'adhésion des Français.

    Si la sortie de l'Union Européenne est possible, ce ne sera pas via l'inexploitable article 50 mais en invoquant la clause “rebus sic stantibus” de la Convention de Vienne (1969), à savoir que quand on s’aperçoit que les objectifs d'un Traité ne sont pas atteints ou sont contraires aux objectifs initiaux, le Traité devient caduc de lui-même : “rebus sic stantibus”, littéralement, “les choses se maintenant ainsi”, c'est-à-dire “à condition que la situation demeure normale ou stable”.

    Or, ce n'est pas le cas puisque l'Euro échoue.

    Pour continuer à soutenir l'Euro à tout prix, les européistes ont créé le M.E.S (Mécanisme Européen de Stabilité) et le T.S.C.G (Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance) qui outragent manifestement la clause “rebus sic stantibus”.

    Le droit international est donc encore une fois piétiné par l'invention du M.E.S et du T.S.C.G.

    On aurait d’ailleurs dû arrêter la construction de l'Union Européenne dès 2005 avec le rejet par référendum du T.C.E (Traité de Constitution Européenne).

    À chaque nouvelle occasion, les européistes continuent de violer le droit international.

    Quant à la Constitution française, elle est désormais bloquée par Bruxelles : tous les instruments de souveraineté qui permettraient à l'État français d'agir pour se libérer du joug européen, sont inutilisables.

    Le peuple français est emprisonné dans cette Union factice mais il se rend bien compte, sans avoir besoin d'être jurisconsulte, qu'il n'est pas dirigé conformément à sa volonté, ce qui est politiquement gravissime.

    Quand un incendie se déclare, on est sous le coup de la clause “rebus sic stantibus” qui nous autorise à nous retirer : même si l'interdiction de passer est affichée sur la porte, il est légitime de fuir quand même les lieux par cette issue.

    Si le Traité de Lisbonne signifie “sortie interdite”, rien ne nous empêche de pousser la porte pour quitter l'Union Européenne au nom de cette clause, comme l'ont très bien fait les Islandais qui ont écarté les responsables du chaos et réécrit eux-mêmes une Constitution.

  • MÉDIAS • Les aventuriers du Web perdu

     

    L’internet héberge d'énormes quantités d'information, mais il a très mauvaise mémoire. De nouvelles équipes d'"archéologues" du Web tentent de préserver son passé en voie d'effacement.
    La première version connue du tout premier site web doit bien exister quelque part, enregistrée sur un disque dur hors d'âge. "Peut-être quelqu'un s'en sert-il comme d'un presse-papier", conjecture Dan Noyes, responsable du Web au Groupe de Communication du CERN [Organisation européenne pour la recherche nucléaire], en Suisse. "Nous savons effectivement qu'un disque dur de 1990 a été envoyé pour une conférence à Santa Clara et qu'il a disparu, commente-t-il. Idéalement, nous aimerions remettre la main dessus. Ce sont les versions les plus anciens qu'on puisse obtenir".

    Noyes fait partie de l'équipe qui essaie de reconstituer le site (iti.ms/10ZgLiE ) avec lequel Tim Berners-Lee a lancé la révolution du web. Sa mise en ligne date de 1991. Le projet lancé cette semaine a pour but de commémorer le 20e anniversaire de la mise à disposition gratuite pour tous de cette technologie par le CERN. Faute de ce disque préhistorique si convoité, Noyes et ses collègues se sont servi de l'ordinateur que Bernes-Lee utilisait à l'époque pour reconstruire une version du site tel qu'il existait en 1992, dans la version la plus ancienne qu'ils aient pu trouver. "Le premier site concernait le projet web lui-même, il visait à encourager d'autres développeurs à créer eux-mêmes un site. Il était 'auto-référentiel'. Il a erré comme ça tout seul pendant un bon moment".

    "Des vestiges de la culture Internet ancienne"

    Reconstituer l'histoire du Web est plus difficile qu'on ne pourrait le croire. Le World Wide Web contient peut-être la plus grande quantité d'informations sur l’histoire, mais sa mémoire n'en est pas moins défaillante dès qu'il s'agit de sa propre évolution. Le web aime généralement s'exprimer au présent, habillé dans un design dernier cri et oublieux de ses versions précédentes. Il ne fait pas bon vieillir sur Internet. Les pages Web Geocities et les premiers fichiers image Gif n'ont pas autant de cachet que les édifices antiques et autres vieux livres à reliure en cuir — quand ils sont préservés.

    Reste que le lointain passé numérique éveille un intérêt grandissant. Outre les projets en cours au CERN, il existe des sites un peu plus ludiques, comme internetarchaeology.org . On y trouve "des vestiges de la culture Internet ancienne", les pages Web joyeusement kitsch, les Gifs, les jingles Midi et les animations qui peuplaient les bureaux et les esprits des gens dans les années 90. Cette collection comprend des communautés de fans de science-fiction, des sites cinglés des invasions extra-terrestres et quelques pionniers du porno en ligne. Une chose est sûre, les éléments du Web qui ont survécu le doivent essentiellement au hasard.

    "L'Internet est notre espace civique"


    La fragilité des contenus en ligne amène certains philosophes du web à parler d'“âge des ténèbres numériques”. Les esprits les plus chagrins craignent des catastrophes qui pourraient détruire les connaissances numériques d'un seul coup, et même les plus optimistes reconnaissent que chaque fois qu'un site Web disparaît et à chaque nouvelle mise à jour tout un pan d'information numérique est englouti. Internet se recontextualise constamment. Des archives entières peuvent disparaître du jour au lendemain. Ainsi, peu après la fermeture du Sunday Tribune, un journal pour lequel j'ai travaillé autrefois, ses importantes archives d'articles sont parties en fumée.

    Brewster Kahle, spécialiste des sciences informatiques et bibliothécaire numérique, a tenté de résoudre le problème de la mémoire d'Internet en créant l'Internet Archive (archive.org ). Cet organisme s'emploie, en collaboration avec la Bibliothèque du Congrès et la Smithsonian Institution, à numériser toute la culture [numérique], ainsi qu'à "empêcher Internet — un nouveau média d'une grande importance historique — et d'autres supports d'information nés avec le numérique de disparaître dans le passé". 

    Un rejeton de ce site, la Wayback Machine , permet d'accéder à des sites Web archivés, dont beaucoup d'existent plus. "C'est un service proposant des pages Web épuisées, explique Kahle. Nous essayons de prendre un cliché de chaque page Web de chaque site tous les deux mois. L'ensemble de la collection représente désormais plus de 300 milliards de pages. Nous pensions que ce serait comme la collection d'une bibliothèque de recherche, mais c'est plus que cela… Environ 600 000 personnes utilisent ce service quotidiennement."

    "Le meilleur du Web ne dure pas"

     

  • Le Monde et les gaz chimiques : des invraisemblances médicales ?

     

    30 mai 2013

    Comme par hasard au moment où la France et les USA poussent à une intervention militaire contre la Syrie, et comme par hasard au moment où Carla Del Ponte et d’autres enquêteurs ont établi que des forces d’opposition ont employé des armes chimiques, voilà que survient un “témoignage” du Monde prétendant que l’armée syrienne utilise des armes chimiques. Rappelons que ce journal avait menti à ses lecteurs sur les armes chimiques de Saddam Hussein, sur le génocide au Kosovo, sur la guerre en Afghanistan, en Côte d’Ivoire, en Libye et au Mali (test-médias à disposition de nos lecteurs). Sans parler des médiamensonges plus anciens de ce journal : contre Nasser en 1956, contre le Vietnam, Panama et de nombreux autres pays agressés par les USA et la France. On lira donc avec intérêt l’analyse médicale qui suit... (IGA)

    Un correspondant du quotidien vespéral français aurait été témoin de l’emploi d’armes chimiques par l’armée gouvernementale syrienne.
    La description des symptômes endurés par les miliciens « rebelles » évoquent ceux produits par des gaz neurotoxiques.
    Signes ophtalmologiques avec troubles visuels et une pupille ‘rétractée’, signes digestifs, vomissements et signes respiratoires décrits comme raclements et suffocation.
    Le récit, espéré digeste grâce la petite touche littéraire avec le petit bruit de la canette non pas sur le comptoir d’étain mais un certain cliquetis à peine audible, produit des témoignages de ces combattants et d’un médecin.
    Le photographe du journal le Monde (en lettres gothiques) aurait souffert de troubles visuels et respiratoires durant plusieurs jours. Première invraisemblance du récit : les gaz neurotoxiques utilisés comme armes de guerre sont certes inodores et incolores, mais les signes digestifs sont sur le même plan que les signes respiratoires. L’antidote doit être immédiatement administré pour lever le blocage des terminaisons nerveuses sans quoi la paralysie est rapidement mortelle.
    Deuxième incongruité. L’iconographie censée illustrer le texte montre un homme qui tente avec une seringue de prodiguer des instillations oculaires. Les effets des gaz neurotoxiques à pénétration cutanée et respiratoire n’ont aucune chance d’être levés par des lavages oculaires. Ceux-ci ne peuvent soulager qu’en cas de gaz irritants des muqueuses.
    Troisième aberration. Le médecin rebelle rapporte le cas d’un combattant qui lui a été confié avec un rythme cardiaque fou. Le blocage enzymatique qui conduit à l’accumulation du neurotransmetteur l’acétylcholine induit surtout une bradycardie, et l’hypotension majeure par absence du tonus vasculaire est l’urgence absolue. On restitue une tension artérielle inexistante avant de vouloir contrôler un rythme cardiaque, même aberrant, même anarchique. Pour être rigoureux une phase d’hypertension avec tachycardie peut être observée dans les premières minutes de l’intoxication. Le délai nécessaire pour transporter un patient jusqu’à un centre de secours à travers le dédale imposé par une zone de guerre en milieu urbain exclut cette hypothèse.
    Quatrième anomalie. La consultation de n’importe quelle encyclopédie en ligne indique comme symptôme cardinal des effets neurotoxiques les convulsions. Le sujet mortellement atteint suffoque dans un contexte de crises cloniques spectaculaires. Ce type de manifestations est si impressionnant que leur absence dans le roman permet de qualifier le récit de faux témoignage.
    L’auteur à la fin de son article prend une précaution rhétorique. Il émet la possibilité de l’usage de plusieurs variétés de gaz toxiques par l’armée gouvernementale, solution élégante pour brouiller les pistes de l’usage d’un gaz mortel prohibé qu’il suggère fortement tout au long de son histoire très arrangée.
    Cependant, sensation de brûlure oculaire et toux irritatives se rencontrent lors de l’exposition à des gaz lacrymogènes. À chaque dispersion de foules ou de manifestations par les CRS en France ou aux USA où l’usage des gaz poivrés connaît un regain, il faudra mobiliser la Cour européenne des Droits de l’Homme.
    La publication de cet épisode survient au moment où les pays incarcérés dans l’Union Européenne ont décidé de suspendre officiellement l’embargo sur la livraison des armes à la rébellion en Syrie.
    Elle est contemporaine également de la préparation des pourparlers en faveur d’un Genève II où devraient siéger les « belligérants » et les pays qui les arment et sans lesquels cette confrontation du bloc occidental avec les intérêts de puissances dites émergentes sur les décombres de la souveraineté de la Syrie n’aurait pas lieu.
    Le régime syrien est explicitement accusé de crimes de guerre ou contre l’humanité au moment où plus de 15 000 soldats des armées impériales occidentales et de leurs vassaux subissent un entraînement intense en Jordanie. Cette préparation anormale sur le plan numérique indiquerait l’imminence d’une attaque type coalition contre l’Irak.
    Déjà, les effets d’une dissémination du conflit au Liban se font ressentir.
    Les escarmouches autour du plateau occupé du Golan entre Israël et des combattants du côté syrien signalent la possibilité d’un autre front. Un char d’assaut israélien y a été récemment détruit.
    Ce que redoutent le plus les rares stratèges sionistes, c’est l’extension du chaos à la Jordanie. La version officielle de la neutralité israélienne est une légende de façade. Le soutien à la rébellion syrienne a pris de nombreuses formes, y compris celle d’une assistance logistique et médicale. Au-delà de leur crainte que des missiles russes S 300 soient opérationnels aux mains de la défense de la souveraineté syrienne, l’embrasement de la région aura un impact civil non négligeable sur une population israélienne prête à émigrer en cas de danger. En cas de conflit militaire généralisé, l’État-major sioniste n’oublie pas que les discours de Sayed Hassan Nasrallah ne sont pas des rodomontades. Le Hezbollah doit disposer d’un arsenal et d’un entraînement convaincants.
    Badia Benjelloun
    28 mai 2013

    Armes chimiques Le Monde Syrie 


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  • Rapport sur le développement humain 2013

     
     

    4 juin 2013

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    Selon sa bonne habitude, le récent rapport du PNUD renferme une mine d’informations, mais souvent aussi des chiffres intéressants. Marc Vandepitte a épinglé les plus remarquables de ces chiffres.

     

    Plus riche qu’on ne pense
    Le monde n’a jamais produit autant de richesse qu’aujourd’hui. En cas de distribution égale de la richesse, une famille moyenne (au niveau mondial, deux adultes et trois enfants) pourrait disposer d’un revenu de 2.850 dollars par mois. C’est étonnamment beaucoup. Ce montant ne permettrait sans doute pas de vivre dans le luxe mais il est toutefois plus que suffisant pour fournir à tous les habitants de cette planète des installations sanitaires, l’électricité, l’eau potable et une maison confortable, même si cela devait se faire selon des méthodes écologiquement durable.(2)
    Autrement dit, il y a suffisamment de richesse pour tous, mais un humain sur trois ne dispose pourtant pas de sanitaires les plus élémentaires, un sur quatre n’a pas d’électricité, un sur sept vit dans un bidonville, un sur huit a faim et un sur neuf ne dispose pas d’eau potable.(3)
    Cela, parce que la richesse est répartie d’une façon extrêmement inégale. Avec la richesse produite aujourd’hui, chaque personne pourrait disposer en moyenne d’un revenu de 19 dollars par jour. En réalité, un humain sur six doit se débrouiller avec moins de 1,25 dollar par jour.
     
    Des rapports mondiaux qui basculent

    Ces trente dernières années, les pays du Sud sont occupés à effectuer un retour remarquable sur la scène mondiale. En 1980, leur part dans la production mondiale n’était encore que de 33 %. En 2010, cette part atteignait déjà 45 %. Durant cette période, leur part dans le commerce mondial a doublé, passant de 25 % à 47 %. La hausse la plus rapide s’est produite dans les investissements étrangers : de 20 % à 50 %.(4)

    Suite à un excédent de leur balance commerciale, les pays du Sud ont vu leurs surplus financiers augmenter de façon spectaculaire. Entre 2000 et 2011, ils ont pris à leur compte les trois quarts de l’accroissements de toutes les réserves étrangères. Le Sud se mue lentement en carte Visa du Nord qui, lui-même, est confronté à une grave et tenace crise du crédit. Ce n’a pas toujours été le cas.(5)

    Cette tendance se poursuivre très vraisemblablement à l’avenir et, depuis la crise du crédit, elle n’a été qu’en accélérant. En 1950, le Brésil, la Chine et l’Inde, les trois pays du Sud faisant partie du BRIC, représentaient à peine 10 % du produit mondial, alors que les six principaux pays du Nord en accaparaient environ la moitié. En 2050, les trois pays du BRIC en prendront 40 % à leur compte, soit le double des six principaux pays du Nord.(6)

    De nouveaux rapports Nord-Sud

    Les pays du Sud ont aussi resserré fortement leurs liens mutuels. La part du commerce Sud-Sud dans le total du commerce mondial a augmenté, entre 1980 et 2011, passant de 8 % à 27 %. La hausse s’est surtout manifestée à partir de la fin du siècle. (7)

    Les investissements étrangers dans les pays en voie de développement ne sont plus l’apanage du Nord. Entre 1996 et 2009, les investissements Sud-Sud ont augmenté de 20 % par an. En ce moment, les investissements Sud-Sud représentent de 30 à 60 % de tous les investissements étrangers dans les pays les moins développés.(8)

    Nombre de ces pays du Sud, surtout ceux qui ont facilement accès au commerce mondial (côtes et routes commerciales situées à proximité), profitent de ces relations Sud-Sud en hausse. Il s’agit d’investissements, de transferts de technologie, de commerce et de transferts financiers.

    Ces nouvelles relations compensent dans une certaine mesure la baisse de la demande de la part du Nord, suite à la crise. Si la Chine et l’Inde avaient connu une crise similaire à celle des pays du Nord, la croissance économique des pays en voie de développement, entre 2007 et 2011, aurait été de 0,3 % à 1,1 % inférieure. (9)

    Le rapport mentionne en particulier ici l’Afrique subsaharienne, ce qu’on appelle le « continent perdu ». Durant les cinq années qui ont précédé la crise, le PNB par habitant y a augmenté annuellement de 5 %, soit deux fois plus que dans les années 1990. Cette tendance a principalement résulté des hausses de prix de leurs principaux produits d’exportation, grâce à la demande de ces produits affichée par les pays émergents, avec la Chine en tête.(10)

    Le rapport fait état d’une étude récente qui prouve que l’expansion économique de la Chine entre 1988 et 2007 a eu un effet positif sur la croissance économique d’autres pays en voie de développement, surtout parmi les partenaires commerciaux de la Chine. (11)

    Il n’y a pas que le commerce avec la Chine, mais aussi les investissements en provenance de ce pays, qui contribuent à la croissance économique des pays en voie de développement qui les reçoivent. Entre 2003 et 2009, les investissements chinois ont accru la croissance économique de 1,9 % en Zambie. Au Congo, il s’est agi de 1 %, au Nigeria de 0,9, à Madagascar et au Niger de 0,5 % et au Soudan de 0,3 %. (12)

    L’extrême pauvreté

    Les rapports mondiaux qui basculent et l’accroissement des relations Sud-Sud ont des conséquences radicales pour la pauvreté. Entre 1990 et 2008, l’extrême pauvreté (1,25 $ par jour) a baissé, passant de 36 % à 19 % de la population mondiale. En chiffres absolus, il s’agit d’une diminution de 620 millions de pauvres.

    Cette amélioration considérable est due en grande partie à la Chine. Ce pays à lui seul a sorti 510 millions de ses habitants de la pauvreté, contre 110 millions pour le reste du monde. Les grandes différences peuvent également se voir dans la diminution relative (en pourcentage) par pays, comme le montre clairement le graphique ci-dessous. (14)

    Aujourd’hui, 1,2 milliard d’humains vivent dans l’extrême pauvreté, soit 17 % de la population mondiale. Le graphique ci-dessous montre la répartition mondiale de cette extrême pauvreté. (15)

    La Chine, l’Inde et le Pakistan

    Avec la Guinée équatoriale, la Chine a connu une croissance économique phénoménale, ces vingt dernières années. Dans les deux pays, le PNB par habitant a crû en moyenne de 9 % par an. Soit un doublement tous les huit ans. Durant la même période, seuls douze pays ont connu une croissance de leur PNB par habitant de plus de 4 %. Dans 19 pays, il s’est même agi d’une baisse. (16)

    Mais, dans bien des pays, la croissance économique ne se traduit pas par un progrès social (proportionné). En Chine, c’est toutefois le cas. Ces trente dernières années, l’augmentation de son Indice de développement humain (IDH) a été pour ainsi dire la plus élevée au monde (17) : trois fois supérieure à la moyenne mondiale (18). Sur ce plan, le Vietnam et l’Inde présentent également de bons résultats.

    Les prestations de la Chine ne deviennent claires que lorsqu’on les compare à celles des pays comparables. En Inde, l’analphabétisme est 6 fois plus élevé, et au Pakistan 7 fois plus élevé qu’en Chine. Le pourcentage de gens vivant dans une pauvreté extrême est environ 2 fois plus élevé, et 3 fois plus élevé en Inde.(19)

    La mortalité infantile est peut-être l’indicateur qui rend le mieux le développement social d’un pays, parce que cet indicateur rassemble à lui seul toute une série de facteurs : soins de santé, alimentation et eau potable, degré d’enseignement de la mère, logement, hygiène. Sur ce plan, la Chine présente nettement les meilleurs résultats. Au Pakistan meurent 5 fois plus d’enfants, en Inde 3,5 fois plus. Le rapport prévoit que, proportionnellement, entre 2010 et 2015, 5 fois plus d’enfants mourront en Inde et même 8,4 fois plus au Pakistan.(20)

    Au vu de l’augmentation de son IDH, l’Inde ne s’en tire pas mal. Mais, à l’aune de ses possibilités économiques, le pays pourrait faire bien mieux. Ainsi, son PNB par habitant est deux fois plus élevé que celui du Bangladesh, mais un Indien vit en moyenne trois ans de moins qu’un Bangladais. De plus, en Inde, le travail des enfants est toujours une plaie importante : il concerne un enfant sur huit soit 17 millions d’enfants au total.(21)
     
    Le Venezuela

    L’Indice de développement humain est un instrument assez efficace pour mesurer le développement social d’un pays. Une augmentation rapide montre que le gouvernement d’un pays donne la priorité au bien-être social de sa population. En cas d’augmentation lente, c’est le contraire, qui est vrai.

    Ci-dessus, nous avons vu que la Chine faisait un bon score, sur ce plan. La même chose vaut pour le Venezuela ces 12 dernières années. Dans les années 1980 et 1990, on a assisté à une très lente augmentation. Le développement social du reste de l’Amérique latine était plus de trois fois plus grand et l’assez grand avantage que le pays avait connu s’était mué en un retard.

    Cela a changé complètement dès que Hugo Chávez est devenu président. Le développement social a grimpé en flèche et a bien vite augmenté une fois et demie plus vite que dans le reste du continent. En 2010, l’IDH du Venezuela repassait à nouveau au-dessus de la moyenne de l’Amérique latine.(22)

    Cuba

    À Cuba, il n’y a pas que la croissance rapide de l’IDH, qui surprend, mais surtout son ampleur ou, mieux, le constat de ce que le développement est très anormalement élevé par rapport à la base économique.

    Ce pays a un revenu par habitant six fois inférieur à celui des pays riches. Mais, malgré le manque de moyens économiques et la pénurie de certains médicaments suite au blocus économique, ses soins de santé font partie des meilleurs au monde. Cuba dispose du nombre de médecins le plus élevé au monde par habitant, à savoir 6,4 pour 1000 habitants. C’est 2,5 fois plus qu’aux États-Unis, deux fois plus qu’en Belgique, trois fois plus qu’en Amérique latine et près de cinq fois plus que la moyenne mondiale.(23)

    Sur le plan de l’enseignement aussi, Cuba fait partie des meilleurs au monde. Le pourcentage de Cubains adultes qui suivent un enseignement supérieur est la plus élevé au monde, après la Corée du Sud, soit 95 %. Il est à remarquer que le Venezuela se pointe en 8e position, avec 78 %.(24)

    Cuba présente de tels résultats parce que le pays consacre un pourcentage élevé de sa richesse aux soins de santé et à l’enseignement. On peut le voir sur le graphique ci-dessous.(25)
     

    Plus généralement, il s’agit de la question de savoir dans quelle mesure un pays consacre ses moyens économiques (limités) au développement social de sa population ou, encore, à quel point un pays est réellement « social ». Le rapport le fait systématiquement en comparant le classement sur le plan de la richesse économique (PNB par habitant) à celui sur le plan de l’IDH.

    Vu ce qui précède, il ne faut pas s’étonner que Cuba fasse le meilleur résultat. Sur le plan du PNB par habitant, Cuba ne se classe qu’en 103e position. Mais, sur le plan de l’IDH (hors économie), il gagne 77 places pour se retrouver en 26e position. D’autres pays affichent de bons résultats aussi – même s’ils sont un peu moins bons : la Géorgie, la Nouvelle-Zélande et Madagascar. D’autres pays – des pays « antisociaux », donc – font de très mauvais scores : les États du Golfe, la Turquie, la Guinée équatoriale, le Botswana…(26)

    Même le graphique ci-dessus montre que Cuba atteint un score comparable à celui de la Belgique et même meilleur que celui de la Grande-Bretagne. Cela montre qu’un pays ne doit pas disposer directement de moyens financiers pour atteindre quand même un développement social élevé. C’est un constat des plus encourageants, pour une importante partie du monde.

    Le graphique ci-dessous présente une comparaison des résultats de Cuba aux meilleurs résultats mondiaux. Un résultat de 100 signifie qu’on est le meilleur au monde et 0 qu’on est le plus mauvais. Un résultat intermédiaire montre votre position par rapport aux deux. La ligne en pointillé est celle des résultats de l’OCDE, le club des 30 pays les plus riches de la planète. Sur le plan de la mortalité infantile et de l’espérance de vie, Cuba propose des résultats tournant autour de la moyenne de l’OCDE. Sur le plan de l’enseignement, il fait même mieux que la moyenne. Mais son PNB par habitant, par contre, est nettement inférieur.

    Pour la plupart des pays, la mesure du bas (le PNB par habitant) est à peu près au même niveau que les trois du dessus (indicateurs sociaux). Pour Cuba, ce n’est pas le cas, la différence est remarquable. Dans le rapport, on ne trouve aucun pays avec un profil semblable. Seuls le Vietnam et le Kerala (un États du sud-ouest de l’Inde) s’en rapprochent un peu.(27)

    Empreinte écologique et catastrophes naturelles

    Le rapport déplore que peu de pays combinent un développement social élevé et une faible empreinte écologique. Une faible empreinte écologique signifie que le modèle de consommation et de production ne dépasse pas la biocapacité moyenne du monde (1,8 ha par habitant), autrement dit, que le pays a assez d’une seule planète pour assurer son mode de vie.(28)

    Neuf pays entrent en ligne de compte pour une combinaison socio-écologique favorable : la Géorgie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, l’Albanie, la Jamaïque, Cuba, l’Équateur, le Pérou et le Sri Lanka. Si nous prenons l’IDH moyen des 47 pays les plus riches (0,758), il ne reste plus que Cuba. (29)

     

     

    Le réchauffement climatique a son prix, littéralement parlant. Les catastrophes naturelles sont de plus en plus fréquentes et de plus en plis violentes. Le coût des catastrophes naturelles qui se sont surtout produites dans les pays du Sud, a été en 2011 de 365 milliards de dollars. C’est près de trois fois plus que l’aide totale au développement cette même année.(30)

    Les dégâts environnementaux provoquent également la pauvreté, surtout dans les pays du Sud. Si des modifications considérables ne se produisent pas dans la politique environnementale, le rapport prévoit que l’extrême pauvreté s’accroîtra dans le monde, passant de 1,2 milliard en 2010 à 3,2 milliards en 2050. Par contre, une politique mûrement réfléchie sur le plan social et écologique pourrait entièrement, ou presque, éradiquer l’extrême pauvreté pour cette même date.(31)
     
     
    Source : Investig'Action

    Notes :
     
    [1] De UNDP is het VN-orgaan dat zich bezighoudt met armoede en ontwikkeling in de wereld. Het rapport van 2013 vind je hier.
    [2] In 2011 bedroeg de totale geproduceerde rijkdom (het zogenaamde wereldbrutoproduct) 69.014 miljard dollar (uitgedrukt in 2005 PPP dollars). [p. 165] De berekening voor het gemiddelde gezin gaat van de plausibele veronderstelling uit dat het besteedbaar inkomen 70% van het bnp bedraagt. In sommige landen is dat meer, in andere minder. De cijfers worden uitgedrukt in dollar PPP. Dat cijfer houdt rekening met de prijsverschillen tussen landen voor dezelfde goederen of diensten en drukt de reële koopkracht uit.
    [3] Bronnen :
    [4] Bronverwijzing : Aandeel in wereldproductie : p. 2 ; handel : p. 45 ; buitenlandse investeringen : p. 47.
    [5] p. 17.
    [6] p. 12.
    [7] p. 45.
    [8] Resp. p. 45 en 15.
    [9] p. 3.
    [10] p. 25-6.
    [11] p. 43.
    [12] p. 51.
    [13] Het rapport steunt zich hiervoor op een studie van de Wereldbank.http://siteresources.worldbank.org/INTPOVCALNET/Resources/Global_Poverty_Update_2012_02-29-12.pdf.
    [14] p. 26.
    [16] p. 25.
    [17] Sinds het rapport van 2011 geeft de UNDP twee soorten van Human Development Index (HDI). De eerste HDI houdt rekening met gezondheid, onderwijs en het bnp per inwoner. De tweede indicator is de Non-income HDI. Daar laat men het bnp per inwoner weg. Deze indicator geeft vooral de sociale score weer van een land.
    [18] p. 149-151. Het betreft hier de HDI met inbegrip van het bnp per inwoner. Het rapport geeft geen evolutie van de non-income HDI.
    [19] Analfabetisme : p. 145-6 ; aantal extreem armen : p. 160-1 en http://data.worldbank.org/indicator/SI.POV.DDAY.
    [20] Resp. p. 167-8 en p. 90.
    [21] Levensverwachting : p. 146-7 ; kinderarbeid : p. 176 ; zie ook http://blog.wisdomjobs.com/child-labour-in-india/.
    [22] p. 149 en 151.
    [23] p. 166-9.
    [24] p. 170-1.
    [25] p. 162-5.
    [26] p. 144-7.
    [27] Voor Vietnam zijn de percentages voor de sociale indicatoren resp. 88%, 21% en 77%. Voor het bnp per inwoner is de score 3%. [p. 146, 168 en 172.] Deelstaten zoals Kerala worden niet opgenomen in het rapport. De percentages voor Kerala zijn resp. 95%, 24%, 73% en 7%. 
    Bronverwijzing : http://pib.nic.in/newsite/PrintRelease.aspx?relid=73084 ;http://www.srtt.org/institutional_grants/pdf/globalisation_higher_education.pdf ;http://www.undp.org/content/dam/india/docs/inequality_adjusted_human_development_index_for_indias_state1.pdf, p. 16.
    [28] p. 34.
    [29] Het rapport vermeldt de landen niet expliciet ; we hebben de lijst zelf samengesteld. Voor de HDI, zie p. 144-7 ; voor de voetafdruk : http://en.wikipedia.org/wiki/File:H....
    [30] p. 95. De ontwikkelingshulp bedroeg in 2011 133,5 miljard dollar. http://www.oecd-ilibrary.org/develo....
    [31] p. 96.
  • Donner la parole

    EN VIDÉO  Donner la parole à ceux qui vivent avec un dollar par jour

    Le réalisateur cambodgien Rithy Panh lance une œuvre collective et participative sur Internet pour réfléchir à la valeur d’un billet vert.Courrier International est partenaire et diffusera en janvier 2014 le webdocumentaire composé de portraits de ceux qui vivent avec un dollar.
    Un extrait du film "Le ministre de la papaye" - DRUn extrait du film "Le ministre de la papaye" - DR
    La crise économique mondiale génère des déficits qui se chiffrent à plusieurs milliards de dollars. Pourtant, dans les pays en développement, des hommes et des femmes travaillent au quotidien pour gagner quelques billets verts. C’est ce constat qui a conduit le réalisateur cambodgien Rithy Panh à proposer la création de One Dollar, une plateforme interactive construite à partir de portraits vidéo de ceux qui font la petite économie des pays en développement. Il s’agit d’interroger la relation entre le travail et l’argent, et la valeur travail. 



    "Ce projet est une passerelle qui reconnecte le monde virtuel et le monde réel. Les hommes et les femmes ne sont plus des indicateurs ou des statistiques dans des rapports d’institutions internationales, mais des voix, des regards, des corps qui nous ramènent à la réalité", écrit Rithy Panh dans sa note d’intention. 
    L’appel à participation, lancé en mars 2013, s’adresse aux réalisateurs, expérimentés ou débutants, aux geeks et aux membres d’ONG, séduits par la thématique. Ils sont invités à réaliser des courts-métrages de sept minutes racontant le quotidien de personnes qui vivent avec approximativement un dollar par jour. Les portraits seront mis en ligne sur une carte du monde qui servira de plateforme interactive. Ainsi, citoyens, artistes, chercheurs économistes pourront alimenter le site de leurs commentaires, une manière de générer une réflexion de fond sur des problématiques transversales. 
    Cette plateforme interactive sert également de matrice à la conception d’une application de création vidéo pour smartphones et tablettes, libre de droits. Car l’ambition va au-delà de la mise en ligne des portraits. Les producteurs de One Dollar développent un outil permettant de concevoir en quelques clics des contenus pour les nouveaux supports numériques. C’est en observant des habitants de Phnom Penh victimes d’expulsions que le directeur de production du projet, Damien Sueur, s’est rendu compte de l’importance d’offrir une application. "Les habitants de ce quartier étaient équipés d’une tablette qui leur permettait d’archiver le quotidien de la lutte militante de leur communauté, constate-t-il. Nous voulons donc créer un outil qui permettra de maîtriser toute la chaîne de production du tournage à la mise en ligne en passant par le montage. Cela sera utile aux créateurs, militants, journalistes citoyens." 
    La plateforme sera mise en ligne début 2014. Elle offrira une photographie de l’extrême pauvreté quelques mois avant l’échéance des objectifs du millénaire fixée par les Nations unies, dont le premier était de réduire de moitié le nombre de personnes qui vivent avec moins de un dollar par jour.  
    Pour soutenir ce projet ambitieux, Courrier international s’est engagé comme diffuseur. La plateforme interactive sera mise en ligne sur notre site en janvier 2014. Vous pouvez aussi participer en proposant de réaliser un portrait, en faisant circuler l’information ou en soutenant financièrement le projet. 
    Retrouvez ici :

    le site du projet One Dollar  

    l'article traduit du Phnom Penh Post