Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Sionisme - Page 11

  • Qu’attend l’Autorité Palestinienne

    Qu’attend l’Autorité Palestinienne pour traduire Israël devant la Cour Internationale de Justice ? 29/03/2013   

    C’est la question que posent les militants canadiens de PAJU (Palestiniens et Juifs Unis), en faisant constater que le principal intérêt d’être devenu un "Etat observateur à l’ONU" est pour la Palestine de pouvoir désormais demander justice contre les crimes israéliens devant la Cour de Justice Internationale de la Haye.
    "La Palestine devrait traduire Israël devant la Cour de La Haye 
    Les Palestiniens ont essayé sans succès, en avril dernier, d’être entendus par la CCI mais le juge en chef, Luis Moreno-Ocampo, n’a pu accéder à leur demande car la Palestine n’était pas un état. Mais, depuis novembre 2012, date à laquelle la Palestine a reçu des Nations Unies le statut d’État (qualifié de non membre), la situation a changé. L’opposition acharnée d’Israël à ce nouveau statut était dictée bien sûr par la crainte qu’une accusation de crimes de guerre ne soit présentée auprès de la juridiction de la Cour Criminelle Internationale. 
    Plusieurs crimes qui sont reconnus par le droit international ont été perpétrés en Palestine. Ils pourraient être entendus à la CCI. Depuis la seconde Intifada en 2000, les forces de défense israéliennes et leurs avocats militaires ont tenté de reformuler les lois internationales reliées au droit de la guerre. Intentionnellement, Israël viole les lois en vigueur sciemment puis cherche à établir de nouveaux concepts afin de justifier juridiquement ses exactions. 
    Ainsi, un F-16 israélien a lancé en 2002 une bombe d’une tonne sur un appartement situé dans un quartier peuplé de Gaza. Le dirigeant militaire du Hamas, Salah Shehadeh, a été tué ainsi que quatorze autres personnes incluant sa femme et sept enfants de moins de 15 ans. Pendant l’offensive contre Gaza en 2009, 20 membres de la famille Samouni ont été atteints par des tirs d’artillerie. Ils s’étaient abrités dans un bâtiment du quartier Zeitoun à l’invitation de soldats israéliens. En 2012, des missiles israéliens ont tué deux cameramen palestiniens de la télévision Al-Aksa. 
    « La loi internationale progresse à travers ces violations », s’est permis de déclarer Daniel Reisner, à la tête en 2009 de la ’Direction du droit international des Forces de défense israéliennes - Division juridique’. 
    « Nous avons inventé la thèse des assassinats ciblés et nous l’avons mise de l’avant. Au début, ce type d’action militaire n’arrivait pas à s’intégrer dans les paramètres légaux en cours. Maintenant, huit années plus tard, c’est au centre de l’aire de légitimité des actes de guerre. » 
    Traduction pour ceux qui n’auraient pas compris : Israël remplace le droit international par la loi de la jungle, et ça marche. 
    Source : http://www.nytimes.com/2013/01/30/o... 
    CAPJPO-EuroPalestine
     

  • Appel à refuser la visite d'Obama

    Appel à refuser la visite d'Obama et à manifester contre toute reprise des négociations avec Israël 

    10 mars 2013, Ramallah occupée : Le groupe des jeunes Palestiniens de "Palestiniens pour la dignité" appelle à refuser la visite du Président des Etats-Unis Obama dans le territoire palestinien occupé prévue entre le 20 et le 22 mars, et à manifester contre un possible retour aux négociations. 
    La visite du Président Obama dans le territoire palestinien occupé a lieu à un moment où nos prisonniers mènent la bataille de la grève de la faim face à l'obstination du gouvernement israélien, et face au silence des Etats-Unis envers le lent assassinat auquel ces héros sont soumis. Très récemment, le prisonnier palestinien Arafat Jaradat est mort pendant un interrogatoire dans la prison israélienne de Megiddo. En outre, la visite a lieu alors qu'Israël est de plus en plus isolé au niveau international et que de plus en plus de campagnes de boycott le cible.
    Palestinia​ns for Dignity
    Mardi 12 Mars 2013

    Appel à refuser la visite d'Obama et à manifester contre toute reprise des négociations avec Israël
    D'un côté, il est tout simplement naïf de dire que la politique des Etats-Unis vis-à-vis d'Israël a changé depuis l'entrée en fonction d'Obama. Un rapport de mars 2012 du congrès des Etats-Unis parle de 3,1 milliards de dollars d'aide militaire pour la seule année 2013, dont le financement du système Dôme d'Acier, et une augmentation du soutien bilatéral des Etats-Unis à Israël de 115 milliards de dollars depuis 1949. De plus, les Etats-Unis soutiennent la sécurité d'Israël au dépens des vies, de la terre et des moyens d'existence des Palestiniens ; que ce soit en justifiant les massacres des Palestiniens à Gaza, ou par son silence sur l'expansion des colonies, les destructions des maisons, le transfert forcé et autres politiques israéliennes. 

    D'un autre côté, il est hypocrite et malhonnête que l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) ne tienne pas compte du rôle de l'administration Obama dans le blocage de sa demande d'adhésion de 2011 au Conseil de Sécurité, et son vote contre la résolution à l'Assemblée générale en 2012. De plus, le congrès des Etats-Unis a imposé des sanctions financières aux institutions internationales qui reconnaissaient la "Palestine". Et pour ajouter l'insulte à la blessure, alors que l'OLP/PA affirment aux Palestiniens qu'elles considèrent Jérusalem comme la capitale palestinienne, elles reçoivent le président des Etats-Unis dans l'enclave de Ramallah. 

    Malgré les tentatives de la "direction" palestinienne de détendre l'atmosphère avec des déclarations sur les pressions d'Obama sur le gouvernement israélien au sujet des prisonniers politiques palestiniens, ou sur des promesses d'aide US insignifiante, les trois objectifs de la visite sont clairs. 

    1) Soulager la pression qui pèse sur le gouvernement israélien, de plus en plus isolé au plan international (fût-ce par des paroles plus que des actions). 
    2) Contenir la frustration de la rue palestinienne qui bouillonne en solidarité avec les prisonniers palestiniens, 
    3) Prolonger la durée de vie prévue de l'Autorité palestinienne, qui, 20 ans après sa création, est de plus en plus déconnectée de son peuple. 

    Le peuple palestinien n'acceptera pas de jouer un rôle dans la réussite de ces intérêts, et ne succombera pas à ces pressions. Ce que nous devons faire, en tant que Palestiniens, c'est mener un boycott complet de notre occupant sur tous les fronts : sécuritaire, économique, politique, culturel et universitaire, et reconstruire une entité représentative pour les Palestiniens où qu'ils soient. Et non aider à soulager la pression sur le gouvernement israélien en s'engageant dans un processus futile, et en lui permettant d'achever sa politique expansionniste et son annexion en déracinant les Palestiniens de leur terre et de leurs maisons. 

    En conséquence, nous appelons le peuple palestinien en masse à changer cette trajectoire et à manifester contre la réception de celui qui considère Israël comme "son plus proche allié dans la région", et à refuser le retour aux négociations futiles. Nous appelons à enraciner les sacrifices des martyrs et des prisonniers en refusant de se soumettre et à travailler avec les Palestiniens, où qu'ils se trouvent, pour échafauder un programme stratégique de résistance, où le politique, l'économique, le militaire, le populaire et autres formes diverses de résistance et de tâches seront partagées par chacun en fonction de ses compétences. 

    Nous vous invitons à descendre dans les rues le jour prévu de la visite, entre le 20 et le 23 mars, proche du jour de la commémoration de la Bataille de Al-Karamah (la Dignité), pour restaurer une partie de notre dignité et refuser l'hégémonie occidentale et le colonialisme sioniste. 

    Palestinians for Dignity 
    فلسطينيون من أجل الكرامة
     


    Note : Le jour exact de la visite sera confirmé, ainsi que l'heure, le lieu de la manifestation et des détails sur les activités organisées. 


    Traduction : MR pour ISM
    Mardi 12 Mars 2013
    Commentaires
    1.Posté par Nadia Abdesselami le 12/03/2013 21:34 | Alerter
    Par sa perfidie sioniste, Israel avec la complicité lâche des USA et celle de la communauté internationale, a continué sa colonisation sauvage et le vol des terres aux palestiniens. « Nous devons expulser les Arabes et prendre leur place » (Ben Gourion, 1937). « Chacun doit bouger, courir et s’emparer d’autant de collines qu’il est possible pour agrandir les colonies, parce que tout ce que l’on prendra maintenant restera à nous… Tout ce que nous ne prendrons pas leur restera. » (Sharon, 1998).
    Apartheid, tu ne durera point car le royaume des méchants est voué à sa disparition tôt ou tard.
     

  • L’occupation pénètre dans le centre

    L’occupation pénètre dans le centre de la bande de Gaza et rase les terres agricoles 29/03/2013 

    Les forces d'occupation sionistes se sont déplacées de manière limitée, dans la matinée d’aujourd’hui, à l'est du camp de Maghazi, dans le centre de la bande de Gaza.

    Un rapport a indiqué qu'un certain nombre de véhicules militaires sionistes ont pénétré à l'est du camp de réfugiés de Maghazi, avec des tirs sporadiques vers les terres palestiniennes, sans blessés signalés, indiquant que les bulldozers ont commencé à raser les régions agricoles de la région.

    Ces incursions s’ajoutent aux violations sionistes continues, après que les autorités d'occupation ont décidé pratiquement d’annuler la trêve qui avait été déclarée le 21 novembre dernier avec la résistance palestinienne, et en particulier le Hamas, et ont resserré le siège sur la bande de Gaza.

     
     
  • Quand la France laisse entrer

    Quand la France laisse entrer les produits des colonies et poursuit ceux qui s’y opposent 

    jeudi 18 mars 2010, par Alain Gresh

    La Cour de justice de l’Union européenne vient d’adopter une importante résolution dont témoigne un communiqué de presse du 25 février, « Des produits originaires de Cisjordanie ne peuvent bénéficier du régime douanier préférentiel de l’accord CE-Israël  ».

    « La Cour statue que les produits originaires de Cisjordanie ne relèvent pas du champ d’application territorial de l’accord CE-Israël et ne sauraient donc bénéficier du régime préférentiel instauré par celui-ci [1]. Il s’ensuit que les autorités douanières allemandes pouvaient refuser d’accorder le traitement préférentiel prévu par cet accord aux marchandises concernées au motif que celles-ci étaient originaires de Cisjordanie. »

    « La Cour rejette également l’hypothèse selon laquelle le bénéfice du régime préférentiel devrait être, en tout état de cause, octroyé aux producteurs israéliens installés en territoires occupés soit en vertu de l’accord CE-Israël soit sur la base de l’accord CE-OLP. La Cour relève que des marchandises certifiées par les autorités israéliennes comme étant originaires d’Israël peuvent bénéficier d’un traitement préférentiel uniquement en vertu de l’accord CE-Israël, pourvu qu’elles aient été fabriquées en Israël. »

    Pourtant, malgré cette résolution, qui confirme bien d’autres déclarations, le gouvernement français se garde bien de toute action contre ces importations illégales qui contribuent à l’extension des colonies que, par ailleurs, verbalement, il condamne.

    En revanche, il a décidé de poursuivre ceux qui, exaspérés par la paralysie de la communauté internationale, se battent pour que ces produits n’entrent pas en France et pour que les entreprises françaises désinvestissent – faisant par exemple campagne contre Veolia et Alstom qui construisent un tramway à Jérusalem.

    Depuis plusieurs semaines déjà, le gouvernement français a développé une campagne calomnieuse contre ceux qui s’élèvent contre l’entrée des produits des colonies, prétendant qu’ils veulent boycotter les produits casher ! Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de la justice, a, quant à elle, effectué un virage à 180 degrés sur cette question (lire Dominique Vidal, « Boycott : la contre-offensive d’Israël et de ses amis  », La valise diplomatique, 22 février 2010).

    Avec le zèle des nouveaux convertis, elle a entériné le 12 février une « dépêche » de la direction des affaires criminelles et des grâces aux procureurs généraux près les cours d’appel. Ce texte confidentiel, que l’on trouvera ci-dessous (PDF), confirme d’abord ce que nous écrivions dans Le Monde diplomatique au mois de juin 2009, à savoir que « l’indépendance de la justice n’est plus un dogme  ».

    M. Jean-Marie Huet, directeur des affaires criminelles et des grâces, écrit :

    « Depuis le mois de mars 2009, plusieurs procédures faisant suite à des appels au boycott de produits israéliens (...ont été portées à la connaissance de la direction des affaires criminelles et des grâces. (...) Il apparaît impératif d’assurer de la part du ministère public une réponse cohérente et ferme à ces agissements. A cette fin et dans la perspective éventuelle d’un regroupement des procédures (...j’ai l’honneur de vous prier de bien vouloir porter à la connaissance de la direction des affaires criminelles et des grâces tous les faits de cette nature dont les parquets de votre ressort ont été saisis. »

    Et, au cas où les procureurs n’auraient pas compris leur devoir :

    « Si certaines procédures ont déjà fait l’objet de classements sans suite, vous prendrez soin d’exposer de manière détaillée les faits et de préciser les éléments d’analyse ayant conduit à cette décision. »

    Ce que l’on attend avec intérêt, c’est la dépêche du ministère demandant aux procureurs de poursuivre les magasins qui vendent des produits israéliens entrés illégalement dans le pays, car sans mention du fait qu’ils ont été fabriqués dans des territoires que la France continue de considérer comme occupés.

    Dépêche de la direction des affaires criminelles et des grâces
  • Boycott d’Israël, un appel indigne

    Boycott d’Israël, un appel indigne

    mardi 2 novembre 2010, par Alain Gresh

    Dans le quotidien Le Monde daté du 2 novembre, une trentaine de personnalités signent un appel intitulé « Le boycott d’Israël est une arme indigne ».

    Il commence ainsi :

    « Une entreprise commence à faire parler d’elle en France, consistant à promouvoir un embargo d’Israël tant dans l’ordre économique que dans celui des échanges universitaires ou culturels. Ses initiateurs, regroupés dans un collectif intitulé Boycott, désinvestissement, sanctions, ne s’embarrassent pas de détails. Au vu de leur charte, tout ce qui est israélien serait coupable, ce qui donne l’impression que c’est le mot même d’Israël que l’on souhaite, en fait, rayer des esprits et des cartes. »

    « L’illégalité de la démarche ne fait pas de doute et la justice française ne tardera pas à la confirmer. »

    Les signataires font référence à des condamnations prononcées par des tribunaux français sur injonction politique (« Quand la France laisse entrer les produits des colonies et poursuit ceux qui s’y opposent »), contre des militants appelant au boycott. Mais, ce qu’ils oublient de dire c’est que, même d’un point de vue purement juridique, il est parfaitement légal d’appeler au désinvestissement et aux sanctions contre un Etat. Le seul point de litige est celui que soulignait Willy Jackson dans un article du Monde diplomatique (septembre 2009), « Israël est-il menacé par une campagne de désinvestissement ? » :

    « S’il fait appel à la liberté de chacun de consommer ou de ne pas consommer, le boycott peut contrevenir à certaines dispositions légales lorsqu’il se transforme en incitation à une action collective. En France, par exemple, l’article 225 alinéa 2 du code pénal modifié par la loi n° 2004-204 du 9 mars 2004 portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité dispose que toute discrimination qui consiste « à entraver l’exercice normal d’une activité économique quelconque » est punie de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Ainsi, autant chacun peut librement choisir ce qu’il achète et l’afficher publiquement comme attitude individuelle, autant le fait d’appeler au boycott pourrait tomber sous le coup de cet article. »

    Mais même sur ce point, deux remarques s’imposent :

    - d’abord, une grande partie des produits israéliens qui entrent en France comportent une composante qui implique une activité économique dans les colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Et c’est en en permettant l’accès libre de ces produits que le gouvernement français viole le droit international. La Cour de justice de l’Union européenne a adopté le 25 février 2010 une résolution stipulant que les produits originaires de Cisjordanie ne peuvent bénéficier du régime douanier préférentiel de l’accord CE-Israël. Quelles mesures les signataires de cet appel préconisent-ils pour arrêter ce scandale ?

     la question que pose le boycott est celle de l’impunité. Comment ne pas comprendre l’indignation devant une occupation qui se poursuit depuis plus de quarante ans sans aucune mesure prise par la communauté internationale contre cette violation du droit international ? Et s’il n’y avait pas eu la flottille de Gaza, le blocus de ce territoire se serait-il (légèrement) assoupli ? Si la société civile n’était pas intervenue, Gaza vivrait encore sous le même blocus (pourtant condamné du bout des lèvres par les Etats-Unis, l’Union européenne, et sans doute la majorité des signataires de ce texte). Les porteurs de valise, qui aidaient le Front de libération nationale algérien violaient la loi, comme la violaient ces Américains qui refusaient de partir au Vietnam.

    Les signataires [1] poursuivent :

    « Mais la justice sera bien en peine de sanctionner ce qui est essentiel dans cette affaire. C’est pourquoi, nous, associations, citoyens de tous bords, acteurs de la vie de notre pays, tous également attachés à la paix au Moyen-Orient et, donc, à l’avènement d’un Etat palestinien viable et démocratique aux côtés d’Israël, nous sommes convaincus que les boycotteurs se trompent de combat en prenant le parti de la censure plutôt que celui de la paix, celui de la séparation plutôt que celui de la possible et nécessaire coexistence – celui, en un mot, de la haine et non de la parole et de la vie partagées. »

    Qui est aujourd’hui, en parole au moins, contre la création d’un Etat palestinien ? Même le président George W. Bush et Benyamin Netanyhou s’y sont ralliés en paroles. Et alors ? Le refus de considérer que l’on a d’un côté un occupant et de l’autre un peuple occupé, d’un côté un Etat puissant, de l’autre une Autorité impuissante, fausse tout possibilité de solution.

    Il est significatif que ce texte sur la nécessaire coexistence soit publié alors même que le gouvernement israélien cherche à faire adopter un texte pour empêcher les Palestiniens citoyens d’Israël de pouvoir habiter dans des quartiers juifs (lire le texte de Zvi Bar’el, « South Africa is already here », Haaretz, 31 octobre 2010)

    « La possibilité de critiquer, même de manière vive, le gouvernement israélien concernant sa politique vis-à-vis des Palestiniens n’est pas ici en cause. Peu de gouvernements sont autant sévèrement jugés, y compris par certains d’entre nous. Mais la critique n’a rien à voir avec le rejet, le déni, et, finalement, la délégitimation. Et rien ne saurait autoriser que l’on applique à la démocratie israélienne un type de traitement qui n’est réservé aujourd’hui à aucune autre nation au monde, fût-elle une abominable dictature. »

    Critiquer Israël ? Finkelkraut, Encel et Lévy critiques du gouvernement israélien ? On croit rêver. En pleine guerre de Gaza, ils justifiaient les crimes commis par l’armée israélienne et, encore plus révoltant, Bernard-Henri Lévy pénétrait dans Gaza assis sur la tourelle d’un char israélien. Quant aux signataires membres du Parti socialiste, faut-il rappeler que leur parti est lié au Parti travailliste, qui a mené les guerres au Liban et à Gaza et qui, aujourd’hui, aux côtés d’Avigdor Lieberman, participent au gouvernement de Benyamin Netanyahou ? et que leur parti est resté passif durant l’invasion de Gaza ?

    Certains des signataires critiquent peut-être le gouvernement israélien, mais comment cette critique se traduit-elle en actes ? Ne sont-ils pas coupables de non-assistance à un peuple en danger ?

    Quant à l’argument selon lequel on applique à la démocratie israélienne un traitement qui n’est réservé à aucun autre pays, il appelle deux remarques :

     le fait qu’Israël soit démocratique (pour ses citoyens juifs seulement) ne l’empêche pas de commettre des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. La France martyrisant l’Algérie durant la guerre d’indépendance était aussi un pays démocratique. Faut-il s’étonner que les Palestiniens ne fassent pas la différence entre une bombe démocratique et une bombe dictatoriale ?

     d’autre part, il est vrai que le traitement du gouvernement israélien est sans équivalent : aucun Etat n’a violé impunément autant de résolutions du conseil de sécurité des Nations unies depuis plus de quarante ans, résolutions votées aussi bien par les Etats-Unis que l’Union européenne.

    « D’autant que, de plus, la globalité du rejet et sa bêtise font que l’on emporte dans le même mouvement les forces qui, en Israël, œuvrent jour après jour au rapprochement avec les Palestiniens en sorte que les partisans du boycott sont, aussi, des saboteurs et des naufrageurs d’espérance. »

    Oui, il y a des forces en Israël qui luttent avec courage, mais ce ne sont pas celles auxquelles les signataires font allusion : faut-il rappeler que non seulement le Parti travailliste mais aussi le mouvement La Paix maintenant ont justifié les guerres du Liban et celles de Gaza ?

    Et le texte se poursuit :

    « La paix ne se fera pas sans les Palestiniens. Mais elle ne se fera pas non plus sans les Israéliens. Et moins encore sans les intellectuels et les hommes et femmes de culture qui, quels que soient leur pays d’origine ou leur parti pris politique, travaillent à rapprocher les peuples. Céder à l’appel du boycott, rendre impossibles les échanges, infliger aux chercheurs israéliens, par exemple, ou aux écrivains on ne sait quelle punition collective, c’est abandonner toute perspective de solution politique au conflit et signifier que la négociation n’est plus dans le champ du possible. »

    L’argument est repris sans cesse pour affirmer qu’on ne peut pas boycotter la culture. Rappelons d’abord que la coopération culturelle et scientifique entre Israël et l’Union européenne concerne avant tout des laboratoires et des universités qui participent directement au complexe militaire israélien. Quant à l’argument sur le boycott des livres ou du cinéma, je renvoie à la polémique autour des cinémas Utopia (« Yann Moix et Le Figaro condamnés »).

    Conclusion des signataires :

    « Nous n’acceptons pas cet aveu d’échec. Nous pensons que notre rôle est de proposer un chemin de dialogue. C’est pourquoi, nous, signataires, sommes résolument contre le boycott d’Israël et pour la paix – et, précisément, contre le boycott parce que nous sommes pour la paix. »

    Mais de quel dialogue, de quelle paix parle-t-on ? Qui pourrait être contre la paix ? Les questions qui se posent sont pourtant simples et devraient interpeller les signataires : la paix est-elle possible avec l’occupation et la colonisation ? Comment obtenir la fin de la colonisation qu’ont poursuivie depuis 1967 tous les gouvernements israéliens sans exception ? Comment mettre fin à l’occupation ? Le mouvement de boycott-désinvestissement-sanction (BDS) représente la réponse de la société civile à l’impuissance de la communauté internationale et pose une simple question : Israël se retirera-t-il des territoires occupés s’il n’y a aucune pression, aucune sanction ? La réponse, pour tout observateur de bonne foi, est non. En ne faisant rien, les signataires sont les complices non seulement de la politique d’occupation, mais aussi de la poursuite de l’impasse avec tous les risques qu’elle fait peser sur l’avenir de la région.

    Notes

    [1] La liste des signataires :

    Yvan Attal, comédien ; Pierre Arditi, comédien ; Georges Bensoussan, historien ; Michel Boujenah, comédien ; Patrick Bruel, comédien et chanteur ; Pascal Bruckner, essayiste ; David Chemla, secrétaire général de JCALL, ; Bertrand Delanoë, maire de Paris ; Frédéric Encel, géopolitologue ; Alain Finkielkraut, philosophe ; Patrick Klugman, avocat ; François Hollande, député (PS) de Corrèze ; Georges Kiejman, avocat ; Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris ; Bernard-Henri Lévy, philosophe ; Mohamed Sifaoui, essayiste ; Yann Moix, écrivain ; Bernard Murat, directeur de théâtre ; Jean-Marie Le Guen, député ; Pierre Lescure, directeur de théâtre ; Serge Moati, journaliste ; Daniel Racheline, vice-président de JCALL ; Arielle Schwab, présidente de l’UEJF ; Dominique Sopo, président de SOS-Racisme ; Gérard Unger, président de JCALL ; Manuel Valls, député-maire d’Evry ; Michel Zaoui, avocat.

    On comparera cette liste à celle des personnalités qui se sont prononcées contre l’inculpation de Stéphane Hessel, Alima Boumediene-Thiery et tous ceux qui ont été mis en cause dans la campagne de boycott]. On notera, parmi elles, Michel Rocard, Laure Adler, Raymond Aubrac, Etienne Balibar, Jean Baubérot, Miguel-Angel Estrella, Eva Joly, Jean Lacouture, Noël Mamère, François Maspero, etc.