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Périple autour du monde

Un périple autour du monde : un peu de sécurité et de verdure au Nicaragua, Costa Rica et Panama

Publié le dans Culture

Parce qu’un con qui marche va toujours plus loin qu’un intellectuel assis, deux frères sont partis sur les routes depuis de longs mois, traversent les frontières, les villes et les campagnes à l’occasion d’un tour du monde à durée indéterminée, sans casques ni golden-parachutes. Au fil de leur voyage, ils livrent leurs impressions sur des expériences qui les ont marqués.

Aujourd’hui, traversée plus calme et plus agréable des trois pays d’Amérique centrale.

Par Grégory.

Après le Guatemala, le Salvador et le Honduras, nous finissons enfin par trouver un pays moins hostile en Amérique centrale : le Nicaragua. Des paysages moins arides, des canneraies à perte de vue et des moustiques en folie. La nourriture y est très bon marché, un repas dans un troquet local coûte dans les 3$ environ. Nous traversons le pays en 5 jours, profitant brièvement de ses grandes étendues verdoyantes et des anciennes villes coloniales aux ruelles pavées ou très animées : Leon et Granada notamment.

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Nous retentons également notre chance auprès d’un volcan en activité après l’épisode des bandits du Guatemala : le volcan Masaya. Cette fois, l’entrée du parc est payante, ce qui nous garantit un minimum de sécurité. Les pentes pour y accéder sont rudes et la récompense à l’arrivée n’est pas du côté que l’on pense. Le volcan est enfumé comme jamais et nous ne voyons pas l’ombre d’un soubresaut de lave. L’autre côté de la colline offre en revanche une vue splendide sur la plaine environnante que nous venons de traverser. En bordure de cratère, nous faisons la connaissance d’un couple de Français qui remontent l’Amérique en voiture et qui était au courant que deux Français s’étaient faits attaquer au Guatemala. Les nouvelles vont vite en Amérique Centrale car ils arrivent du Costa Rica où nous n’avons pas encore passé une roue !

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Nous campons deux jours plus tard à la frontière de Peñas Blancas pour passer au Costa Rica. Comme prévu, les enfumeurs ne sont pas que volcaniques et les vendeurs ambulants tentent par tous les moyens de nous refourguer, entre deux ventes de Marijuanol (du Biactol à la Marijuana), le formulaire de sortie pour 1$. Comme s’il fallait désormais payer les Cerfa… Nous n’échapperons à l’arnaque qu’avec l’aide d’un Panaméen avec qui nous discutons dans la file d’attente de 3/4 d’heure. Nous ne pouvons éviter la taxe municipale de sortie de territoire, très classique, pour des raisons évidentes de… hum ! Voilà quoi, c’est une taxe de sortie, son existence coule de source pour équilibrer le budget.

Dès notre arrivée, le Costa Rica nous offre un style plus tropical. Il fait chaud, lourd, la végétation est dense. La richesse du pays ne se ressent pas immédiatement, il faudra pour cela s’approcher un peu plus de la capitale, San Jose, ville développée absolument sans intérêt, vilaine et chère. Chère, comme le reste du pays d’ailleurs. Les Américains ont tellement investi cet endroit qu’on pourrait presque le considérer comme le 51ème État US. Toute la culture espagnole a quasiment disparu et le touriste est pris pour une vache à lait quelle que soit l’activité envisagée. Vous souhaitez visiter un parc national : 20€. Apercevoir le volcan de X : 15€. Je n’ai jamais bien compris le principe de payer des fortunes pour visiter des endroits naturels qui ne nécessitent finalement rien d’autre qu’un peu de nettoyage quand l’incivilité des visiteurs a laissé des traces. Pour info, l’entrée du Grand Canyon coûte 10-12$ max. Ça, c’était pour les mauvais côtés. Heureusement, pas besoin de chercher bien loin pour découvrir la luxuriante nature costaricienne : nous avons eu la chance de camper au milieu des singes, d’assister au bord d’une plage, à des vols d’aras, et de manger au milieu de pélicans. Le tout par hasard. Et puis les Costariciens sont adorables et se sont souvent arrêtés sur la route pour nous offrir de la nourriture.

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Mais nous avions un tout autre objectif au Costa Rica : développer un site pour permettre aux voyageurs de se suivre et se rencontrer d’après une seule et même carte. Pendant quelques semaines de repos dans un hostel de San Jose, Alex a donc développé NOMADSTEP. Si vous êtes voyageurs, nous vous invitons à vous enregistrer et à créer votre carte de voyage. Le service est gratuit et à votre disposition.

Et vint le jour où il fallut repartir sur les routes. Une heure avant le départ, Alex entre dans ma chambre pour m’annoncer qu’il partait en bus avec sa compagne Chilienne du moment. Un vélo restait donc disponible et je me tournais immédiatement vers Karin, Autrichienne de son état, pour lui proposer un petit périple improvisé à bicyclette. Après quelques essais sans bagages puis avec, nous partions 3h plus tard en direction du Costa Rica.

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Eh bien, je crois qu'on ne se lavera pas aujourd'hui!

Karin n’a jamais vraiment fait de vélo et sûrement pas dans ces conditions. Heureusement, San Jose culmine à plus de 1000 mètres d’altitude et la première journée est une longue descente de 50 km. Les jours suivants furent plus difficiles et j’avais beau lui enseigner le mental ninja de Schwarzenegger, son compatriote, cela ne calmait ni les douleurs musculaires, ni la fatigue mentale. Les journées d’enthousiasme alternaient avec le désespoir sous des chaleurs caniculaires (environ 38˚C tous les jours). Une semaine après notre départ, le vélo, le camping, le manque d’hygiène et un rythme trop élevé, tout cela était de trop pour quelqu’un qui n’y était pas préparé. Elle aura tout de même pédalé 400km, confirmant qu’il n’est pas nécessaire d’être un sportif aguerri pour voyager à vélo. Il faut avant tout vouloir le faire, tout le reste n’est qu’une question d’habitude. Si vous pensez que vous pouvez le faire, vous avez raison. Si vous pensez que vous ne pouvez pas, vous avez également raison.

Notre petit voyage commun à deux roues nous aura mené de San José aux frontières de la péninsule d’Osa et enfin jusqu’à la frontière panaméenne. De là, nous n’avions d’autre choix que de faire du stop pour faire souffler les guiboles de ma partenaire. Et puis voyager au pouce avec une femme, c’est comme appeler un taxi sur la 5ème avenue, il n’y avait plus qu’à embarquer et admirer le paysage d’une route peu attractive et en travaux jusqu’à Panama city. Les Panaméens ont la réputation d’être froids et peu souriants. C’est vrai, au premier abord. Mais à l’instar des Russes, nous avons aussi découvert des gens qui avaient une vraie volonté d’aider : notre chauffeur de camion nous a par exemple réservé une chambre et conduit jusqu’à notre hôtel en ville, on m’a offert des fruits alors que je pédalais dégoulinant de sueur, en direction de Colon pour attraper le ferry vers la Colombie. C’est à souligner, ça n’arrive pas tous les jours. Ses paysages, contrairement à son voisin, m’ont laissé plutôt insensible mais peut être est-ce dû à une certaine lassitude des pays latinos. Il est peut-être temps d’envisager un changement d’air.

Pour l’anecdote, la monnaie locale, le dollar panaméen a la particularité d’être indexé sur le dollar à un taux fixe de 1 pour 1. Il est donc possible de payer dans les deux monnaies en même temps, les pièces étant différentes mais de même format alors que les billets sont tous des dollars US.

Je voudrais revenir pour conclure sur la péninsule d’Osa, au Costa Rica, haut lieu des exploits de Cizia Zykë, aventurier français dont les péripéties nous font passer pour des pré-pubères du voyage. Pour résumer brièvement le personnage, il est d’abord devenu roi de la nuit et du tripot clandestin de Toronto à 23 ans, a organisé un trafic de camion à travers l’Afrique, a monté une mine d’or au Costa Rica donc, à l’aide d’une bande de hors-la-loi devenus semi-esclaves, puis une seconde en Australie, avant une tentative de lupanar flottant sur la frontière entre le Surinam et la Guyane. L’argent accumulé finissant systématiquement entre drogues, bonnes amies, pots de vin et casinos avant qu’il ne recommence sur un autre continent. Bref, c’est loin d’être un cave et pour vous dire comme tout cela est sérieux, il fut invité chez Pivot (car en plus d’avoir des baloches en acier, monsieur était aussi un écrivain pas trop moche) pour une interview d’anthologie que vous pouvez retrouver ci-dessous :

 

Bref, je ne pouvais pas passer aussi près d’Osa sans évoquer le monument et conseiller ses bouquins : Oro, Sahara, Parodie, Oro & co. On regretterait presque à la lecture de ces exploits qu’il ne soit mort que d’une crise cardiaque il y a 3 ans. Et quand un type comme ça s’en va, il n’y a pas de place à prendre, c’est la fin d’une époque.

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