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La loi sur le renseignement contre Soral et Dieudonné

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Manuel Valls à l’Assemblée : « La surveillance sera ciblée strictement sur les comportements menaçants. Les données tierces ne seront pas accessibles ou exploitables par les services. »

 

Mardi 5 mai 2015, l’Assemblée vote le projet de loi sur le renseignement, officiellement pour mieux lutter contre le terrorisme, dont les décrets seront applicables cet été. Le terrorisme, vous l’aurez compris, n’est qu’un prétexte : cette loi sur le renseignement intérieur qui vise la contestation sur Internet, dont Soral et Dieudonné sont les fers de lance, était en préparation bien avant les étranges attentats de janvier 2015. Seulement, nos gouvernants auraient eu un peu de mal à la faire passer dans un climat anti-NSA et pro-Snowden. Désormais, c’est du tout cuit, pour Manuel Valls, le nouvel homme fort du pays, et ses employeurs, qui cherchent de la sorte à éliminer toute opposition politique. Vous avez dit pouvoir totalitaire ?

 

Pourquoi cette loi, ici et maintenant ?

 

« Dans un monde globalisé, incertain, complexe et traversé par des crises de toute nature, la France doit faire face à la menace terroriste. Pour assurer la sécurité des Français, le Gouvernement a complété l’arsenal juridique avec la loi du 13 novembre 2014 relative à la lutte contre le terrorisme. Par ailleurs, le projet de loi sur le renseignement a été présenté, le 19 mars, en Conseil des ministres. Fruit d’une réflexion approfondie, ce texte permet de renforcer les moyens d’action des services de renseignement tout en protégeant les Français dans le respect des libertés. »

Intitulé « La lutte contre le terrorisme », ce petit paragraphe estampillé Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur, est destiné à rassurer les Français, historiquement épris de liberté(s), et quelque peu inquiets de la tournure des évènements : l’État français copie en effet le modèle américain, qui a vu en 45 jours seulement le Congrès et le Sénat voter un Patriot Act de 300 pages après les évènements du 11 Septembre, afin de renforcer le renseignement et l’arsenal répressif. Cinq ans plus tard, la loi était renouvelée, qui avait pourtant permis enlèvements et torture, sans même parler du contrôle quasi-total de la population. La déclaration du président Obama ne rassura pas les citoyens américains très attachés au premier amendement, sur la liberté d’expression :

« Je donnerai les moyens nécessaires à nos agences de sécurité et de renseignement pour traquer et neutraliser les terroristes dans le respect de notre Constitution et de nos libertés. »

Chez nous, la loi dite « sécurité et liberté » de Giscard, avait déjà déclenché la polémique en février 1981 : où placer le curseur entre liberté absolue et sécurité absolue ? Ce qui est peut-être un faux débat, et une fausse question, nous le verrons par la suite. Aujourd’hui, les socialistes donnent des gages de « respect des libertés » à tout bout de champ, et notre président François Hollande donne l’exemple, sur le plateau de Maïtena Biraben le 19 avril 2015 :

 

« Qu’est-ce que nous voulons ? On ne veut pas que nos conversations soient enregistrées... Personne ne pourra écouter votre conversation, aucun service, sans demander une autorisation. Une autorisation à qui ? Une autorisation pour qu’une commission donne un avis : dans cette commission y aura des parlementaires, des magistrats, cour des euh, cour de Cassation, Conseil d’État, et un spécialiste des technologies… La dernière loi sur le renseignement elle date de 1991. Y avait pas de portable, y avait pas d’Internet. »

 

Ce qu’il faut comprendre ? La société a changé, le terrorisme a changé, il a frappé, le renseignement n’était plus adapté, nous ne faisons que moderniser l’outil. Après New York en 2001, Bali en 2002, Madrid en 2004, Londres en 2005, Marrakech en 2011 (une enclave occidentale), Toulouse en 2012, Bruxelles en 2014, Paris, Copenhague et Tunis en 2015, les islamistes frappent avec une étonnante régularité. La France, qui semblait en retard du point de vue de la surveillance des ennemis de la nation, se hisse enfin au niveau des grands surveillants de la planète, que sont les Américains avec la NSA et ses grandes oreilles, le réseau Echelon qui permet de capter tout message à caractère menaçant sur tous les supports : téléphone, Internet (Google et Facebook sont tracés). Au-delà du danger terroriste, la NSA sert surtout à espionner les gouvernements dits amis et les sociétés concurrentes des entreprises américaines ! La France est ainsi écoutée par les Américains depuis l’Angleterre, où la NSA possède deux centres d’écoutes tournés vers le continent européen, concurrent commercial numéro un des États-Unis.

L’argument de modernisation de l’outil de renseignement français ne tient pas : les services français ont toujours été très efficaces, quand ils le voulaient, et nous soulignons cette phrase, et n’ont jamais ignoré les menaces réelles qui pesaient sur notre pays, même quand des attentats ont eu lieu sur notre sol. À ce niveau de surveillance, il n’y a jamais de surprise. En revanche, il peut y avoir des calculs politiques ou des deals (incluant des risques) passés avec d’autres services de renseignement, qui agissent sur notre sol. Avec plus ou moins de liberté. Nous pensons à la CIA, et au Mossad, qui a longtemps été persona grata en France, par exemple dans les années 60, malgré le général de Gaulle.

Mais avant d’en discuter la portée politique, entrons dans la réalité de cette loi, qui ne vise pas uniquement le terrorisme, qui ne représente qu’un point sur sept. Les autres étant les « intérêts majeurs de la politique étrangère », « la prévention des atteintes à la forme républicaine des institutions », et aussi « la criminalité et la délinquance organisées ». La prévention des atteintes… une définition volontairement nébuleuse, qui servira de fourre-tout en matière d’accusations. Reconsidérer le suffrage universel, rendu bidon par la propagande médiatique massive et le choix unique UMPS ? Une atteinte aux institutions de la République.

 

Thierry Lorho ex-agent de la DGSE 
de 1990 à 2000 : 
« On ne peut pas faire de renseignement sans faire d’actions qui sont borderline, et c’est toute la difficulté. » 
(Le Grand Journal du 13 avril 2015)

 

Pour ce qui concerne le terrorisme, la nouvelle loi légalise tout simplement des pratiques traditionnelles à la limite de la légalité. Il y a donc moins d’hypocrisie : des agents de la DGSI (direction générale de la surveillance intérieure, ex-DST, rattachée au ministère Intérieur, par rapport à la DGSE, rattachée aux ministère de la Défense), pourront placer une balise sous votre voiture, un mouchard dans votre appartement, et vous pourrez être tracé dans la rue par un IMSI-catcher, un appareil qui permet de siphonner à (proche) distance toutes les données d’un téléphone portable. Des notions qui sortent du flou artistique précédent, et qui sont, on le sait, utilisées par la police criminelle contre les réseaux de truands organisés, mais aussi contre l’opposition politique intérieure. Les dissidents réels sachant ce qu’il en coûte d’échanger des informations par téléphone, mail, ou même Skype, qui est officiellement écoutable par « nos » services depuis peu. Pour exemple, Jean-Marie Le Pen sait qu’il est sur écoute depuis des décennies.

 

 

La nouveauté, ce sont les « boîtes noires ». Une machine qui permet de détecter une activité « anormale » sur le Net, installée chez les FAI (fournisseurs d’accès). Un principe vendu par la société Amesys à des pays qui voulaient filtrer leurs communications intérieures, afin d’isoler les réseaux de résistance. Ce fut le cas de la Libye, avec la bénédiction des autorités françaises. Nos gouvernants promettent que l’anonymat de ce système de « pêche au chalut », ces filets géants qui ratissent tout, pour faire le tri ensuite, sera garanti. Par ailleurs, la surveillance électronique sera élargie à tous les cercles de la famille et des proches des terroristes en puissance ou sous surveillance. Connaissant les degrés de liberté entre les individus (il suffit en moyenne d’une chaîne de trois individus pour relier deux individus qui ne se connaissent pas sur terre), cela permettra une surveillance extrêmement large. Avec toutes ces métadonnées, un superfichier, le FIJAIT (fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions terroristes) sera créé. On a vu ce que la multiplication des fichiers a donné en matière de recherche des tueurs en série pour les enquêteurs de la police et de la gendarmerie… Données conservées pendant 20 ans et sans droit réel de regard de la population. Même la CNIL, pourtant pas bien méchante, n’y aura pas accès.

Il n’y a donc pas le moindre espace de liberté dans tout ce dispositif, et la loi entérine cet état de choses. Sauf que tout le monde n’use pas de la liberté d’expression : le grand public n’est pas concerné, cela ne touche que les opposants, les dissidents, et autres lanceurs d’alerte. Tout ce qui ne marche pas droit. Confirmation par Natacha Polony dans Le Grand Journal du 13 avril 2015 :

« Il y a eu un sondage pour le site Atlantico qui nous dit que 63 % des Français seraient favorables à une limitation des libertés individuelles sur Internet, ce qui signifie qu’en fait ils préfèrent leur sécurité à une hypothétique diminution de leurs libertés. »

Dont acte : le grand public regarde ailleurs, et l’attelage Hollande/Valls compte opportunément sur cette passivité. D’ailleurs, la société civile n’a pas véritablement bondi. Seuls les méchants de service, désignés par le pouvoir, risquent de pâtir de cette « modernisation ». Aucune résistance de masse ne s’est organisée : on a bien entendu des représentants de la Quadrature du Net hurler au loup, mais quand on sait qu’ils sont financés, entre autres, par Soros, on se pose des questions. Dans la même veine, le New York Times a sorti un article très critique sur cette loi française. Une forme de mea culpa quant à son implication dans toutes les guerres de Bush depuis 1991 ? Jérémie Zimmermann, cofondateur de la Quadrature du Net, apparaît sur nos écrans pour fustiger une loi liberticide :

 

« Avec ce projet de loi, il sera possible pour le gouvernement, pour les services du Premier ministre de regarder vos textos, vos sextos, vos messages Facebook, vos chats, vos mails, et aucune forme de contrôle ne permettra de les en empêcher ! »

 

Tiens, aucune trace de la dissidence politique, première visée derrière cet écran de fumée. Au risque d’en vexer beaucoup, la vie privée des Français utilisateurs de réseaux sociaux n’intéresse pas vraiment le renseignement intérieur. En revanche, la loi permettra, en élargissant le filet, de ratisser plus large et d’associer les sites de réinformation, pas forcément bien traités par la « démocratie » en place, à une certaine apologie du terrorisme. Et là, on comprend que le piège est parfait, l’organe de contrôle sur lequel s’adossent les autorités pour justifier d’un respect des libertés publiques, étant lui-même sans pouvoir, et sous surveillance.

La CNCIS, commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité, devenue celle des techniques de renseignement (CNCTR), organe bêtement consultatif, n’est qu’une émanation des services de l’État et de ses obligés, comme l’explique le président de la République. Trois magistrats, un président (nommé par Hollande), le vice-président du Conseil d’État, institution rendue ridiculement célèbre en janvier 2014 lors de l’affaire Dieudonné, et du premier président de la cour de Cassation. De grands défenseurs de la liberté d’expression ! La presse souligne sans ironie que cet organisme est « indépendant ». Alors que toutes les informations qui passent entre ses mains seront classifiées secret défense ! Impossible pour un citoyen, à moins d’une démarche ubuesque financée par de généreux mécènes, d’arriver à obtenir une information sur une écoute… légale.

 

Que cherche le pouvoir ?

 

Pour comprendre les intentions cachées du pouvoir, il suffit de se référer à l’autorité qui a été choisie pour surveiller le blocage des sites Internet : Alexandre Linden. Né à Rabat au Maroc en 1945, cet apparatchik de la démocratie a été tour à tour conseiller honoraire à la cour de Cassation, président de la cour d’Appel de Paris de 1998 à 2005, président de la commission supérieure de la carte d’identité des journalistes professionnels depuis 2013, et donc finalement choisi par la CNIL en tant que juge de paix de la censure en ligne.

 

Bernard Cazeneuve à l’Assemblée nationale : 
« Il est hors de question, absolument hors de question, d’organiser en France je ne sais quel système de surveillance de masse ou de surveillance généralisée. »

 

Le président François Hollande évoque la plateforme de cryptage PNCD :

« Tout ce qui est fait à l’intérieur est contrôlé… Personne ne vous écoutera sauf si il y a eu un certain nombre de suspicions sur vos activités terroristes ou sur vos liens avec des personnes terroristes parce qu’il peut arriver ça. […] Et même un recours devant le Conseil d’État s’il devait y avoir quelque doute pasque vous pourriez vous posez la question, est-ce que je suis pas écouté ? Donc vous pouvez saisir la commission, qui elle-même pourra voir sa décision si elle n’est pas satisfaite, remise en cause par le Conseil d’État… Mais cessons de croire qu’il y a un système général d’écoute ! Pourquoi voudriez-vous que l’État, que même les services, euh, entreprennent de savoir ce que nous faisons, y compris dans notre vie privée ? Ce n’est pas de ça dont il s’agit. Ce dont il s’agit c’est uniquement, uniquement, de la lutte contre le terrorisme ou de nos intérêts. Car il y a aussi des personnes qui viennent nous espionner pour savoir comment nos entreprises travaillent, comment l’État, ça ne vous a pas échappé, qu’il y avait même eu des chefs d’État qui avaient été écoutés… » (Le Supplément, Canal+, le 19 avril 2015)

Une loi mûrie après les évènements... 
de janvier 2014 ?

 

En réalité, au-delà de tous ces machins dont la démocratie a besoin pour apaiser les consciences – et celle du pouvoir en premier lieu –, le Premier ministre concentre tous les pouvoirs de décision. C’est Jean-Jacques Urvoas, petit député socialiste, initiateur de la loi sur le renseignement, qui a servi d’allumeur de mèche. Pour lui, les États-Unis sont « un exemple en matière de surveillance ». Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur, obéit le doigt sur la couture aux instances supérieures. Le contrôle général est assuré par Valls, dont les objectifs collent absolument avec ceux du CRIF. Lors de sa Conversation secrète avec Michel Denisot, diffusée sur Canal+ le 15 avril 2015, il exprimait sa priorité profonde.

Michel Denisot, en balade dans Paris :

« Là on passe à côté du Mémorial des martyrs de la déportation, je vais vous citer, vous avez dit l’antisémitisme, le racisme, les actes antichrétiens sont des délits, il y a un an face à Dieudonné, je me suis senti un peu seul. »

Maternelle de Manuel Valls dans le Marais (authentique)

 

Manuel Valls :

« Oui parce que quand je menais ce combat contre ce personnage, qui ne pratiquait pas de l’humour mais des délits permanents, j’ai trouvé que y compris dans la presse, comme si au nom de la liberté d’opinion on pouvait dire n’importe quoi, je me suis senti parfois un peu seul ; heureusement il y a des gens qui m’ont soutenu, mais le combat a été dur, rude, et jusqu’à ce que je réussisse à faire condamner le, Dieudonné M’Bala M’Bala parce que c’est un délit, je sentais bien qu’il y avait une hésitation que je peux comprendre ! Hum, parce que bon, nous sommes dans un pays de démocratie, les mots peuvent tuer. Faut jamais l’oublier. 

– Roland Dumas il sous-entendait que vous étiez sous l’influence juive de votre épouse.

– Le même jour, la revue Inspire, la revue de Daech, sortait ma photo avec une kippa et disait que j’étais enjuivé par ma femme. Et le même jour Roland Dumas tenait ses propos euh, euh, infâmes. Ça veut bien dire que l’antisémitisme est quelque chose de profondément ancré chez une partie de la société et chez certains.

– Votre femme Anne Gravoin a été atteinte par ces propos ?

– Non, elle a bien senti que c’était moi qui étais atteint, et en plus elle ne revendique jamais sa judaïté, elle est encore moins pratiquante, c’est donc une fête, elle est profondément laïque, athée, mais qu’on vous renvoie à votre origine c’est ce qu’il y a de pire pour ces, pour ces, pour ces raisons. »

La République est en de bonnes mains !

 

Manuel Valls a pris objectivement le pouvoir en trois actes : nomination à l’Intérieur en contrepartie de ses 10 % des voix pour Hollande au second tour des primaires du PS en octobre 2011, prise du pouvoir exécutif lors de l’affaire Dieudonné le 9 janvier 2014, avec l’appui des autorités médiatico-juridiques, et prise du pouvoir total en mai 2015 grâce à ce Patriot Act à la française, soit un soft coup d’État étalé sur quatre ans. Toute la question est de savoir pour qui travaille Manuel Valls. Pour la République ? Oui, mais la République selon le CRIF. Le Conseil nous donne toujours l’exemple en matière de lutte contre le terrorisme et contre l’antisionisme, ce qui n’est en toute objectivité pas exactement pareil, mais qui fusionne dans l’esprit de cette association. Le 5 février 2015 tombe le fameux décret (toujours plus important qu’une loi) relatif au blocage des sites faisant l’apologie du terrorisme. Le CRIF a jubilé, en rappelant ceci :

« Si l’éditeur et l’hébergeur d’un site ne répondent pas aux demandes de retrait de l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication, les fournisseurs d’accès à internet sont alors notifiés pour bloquer l’accès. Il s’agit d’un blocage administratif, sans l’intervention d’un juge, ce qui laisse le ministère de l’Intérieur seul juge des critères justifiant une telle mesure. »

Soral et Dieudonné en première ligne… de mire

 

Un pouvoir discrétionnaire et absolu de plus pour le Premier ministre, qui ne s’en est pas privé, vu qu’il n’a pas à motiver ses choix. Concrètement, un imam comme Imran Hosein pourra être, dans le cadre de ce principe de précaution élargi, considéré comme proche des islamistes, eux-mêmes étant proches des islamistes radicaux, et donc des terroristes, dont la définition s’allonge ces derniers temps. Alors que ce sont ses prises de position politiques qui heurtent le pouvoir prosioniste. Ainsi, par une série d’amalgames artificiellement créés, des sites d’information non-alignés comme Égalité & Réconciliation ou Quenel+ pourront, même de loin, être assimilés à des formes bâtardes mais quasi officielles d’apologie du terrorisme. Sans avoir jamais appelé à la moindre violence. Et cela suffira pour le bloquer.

 

Définition du terroriste : celui qui ne s’aligne pas sur les versions officielles ?

 

On comprend donc que derrière tout ce mauvais maquillage démocratique, il s’agit avant tout de la mise en place d’un arsenal intérieur, ou plutôt Intérieur, qui donne les pleins pouvoirs à Manuel Valls, ce représentant numéro un du pouvoir réel, qui influence la politique française, intérieure et extérieure. Avec la passivité du président de la République, qui ne pense qu’à rester en poste, quelles que soient les humiliations infligées par son secondant, qui gouverne le pays à sa place. Le choix des Français a été bafoué, puisque Manuel Valls, qui n’a été choisi que par 10 % des socialistes lors des primaires du PS, ne pèse théoriquement pas 1 % dans l’électorat. Cependant, les sondages d’opinion le donnent en permanence devant le Président, c’est donc le chouchou des médias, toujours coupés du peuple, comme l’était Nicolas Sarkozy en 2004-2007. Avant de s’effondrer dans les sondages, et dans la tête des Français, une fois en poste, au vu de sa politique antifrançaise.

À ceci près que Sarkozy était président de la République, et qu’il n’était donc pas question de le « doubler » par un Premier ministre soumis à un puissant lobby. C’est la difficulté qu’a tournée le pouvoir réel dans le cas de l’attelage Hollande/Valls : ou comment inverser le vote des Français, qui voulaient un socialisme social, pas un libéralisme répressif, comme c’était le cas sous Sarkozy. Où l’on comprend que quel que soit le résultat des élections, le même pouvoir finit toujours par traverser la fine couche de démocratie, et s’asseoir à la table des décisions.

Pour ce qui concerne l’opposition au pouvoir réel, sur Internet, le simple fait de ne pas être sioniste pourrait bientôt suffire à être accroché à la locomotive du terrorisme, cette grande invention de nos gouvernants, pour justifier des décisions extraordinaires : c’est ainsi que les Américains ont déclaré leurs guerres en Asie depuis 2001, que les Français ont déclaré leurs guerres en Afrique depuis 2013 (Mali, Centrafrique), protégeant nos ressortissants mais aussi « nos » intérêts à coups de bombardements, autrement plus meurtriers que les attentats sur notre sol.

 

Rafale bourré de missiles non piloté par les frères Kouachi

 

 
Avec cette loi, le noyau du pouvoir réel s’assure un contrôle total sur son opposition réelle, les oppositions successives PS/UMP étant factices, simples leurres pour les croyants du dieu Démocratie. Ce pouvoir totalitaire, qui émane d’un réseau d’influence et de décision tenant le Premier ministre, est désormais intouchable, puisque tout contre-pouvoir peut être assimilé à une apologie du terrorisme, par lequel il faut sous-entendre antisionisme et antisémitisme. La liberté d’expression ne dit pas merci à Coulibaly, aux frères Kouachi et à ceux qui les ont laissés tuer des innocents. Aujourd’hui, dans la deuxième phase de l’Opération, même si ça peut paraître pompeux, c’est la liberté politique qu’on assassine.

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